Et si les échecs n’étaient qu’une étape vers le succès ?

échec

Se heurter à un échec est toujours difficile. Pourtant, il faut parfois chuter pour apprendre à se relever. Une prise de recul semble alors nécessaire pour réhabiliter ce qui n’est souvent qu’une étape vers de plus grands succès.

Depuis l’enfance, on nous présente l’échec comme quelque chose de négatif. « À l’école, déjà, on nous demandait de lever la main lorsqu’on connaissait la bonne réponse – dans le cas contraire, on avait fait une faute », note Isabelle Filliozat, psychothérapeute et auteur du Petit cahier d’exercices pour se relever d’un échec (éd. Jouvence). « Au lieu d’utiliser l’échec comme une simple information, on va alors penser qu’on est nul et culpabiliser ».

Pour la psychothérapeute, il faudrait embrasser l’échec plutôt que de le fuir, s’en servir comme moteur pour avancer. Car en plus d’accroître notre capacité de résilience, il permet d’apprendre de ses erreurs pour ne plus les reproduire. Mais comment ne pas se replier sur soi dans ce type de situation ? « La meilleure chose à faire est de vivre l’émotion », conseille celle qui a d’ailleurs créé des stages dédiés à l’expression des émotions. « On a besoin d’accuser le coup, de sentir le choc pour provoquer un mécanisme d’adaptation. De là, on va passer par plusieurs phases, jusqu’à l’acceptation ».

 

« On ne comprend pas pourquoi on en est arrivé là et cela engendre de la colère »

 

Le premier sentiment face à un échec serait la frustration. « On ne comprend pas pourquoi on en est arrivé là et cela engendre de la colère ». Vient ensuite un sentiment d’injustice, d’autant plus grand si l’on a perdu beaucoup. « Lorsqu’on perd son job par exemple, on est également privé de sa situation, des personnes qui nous entouraient, d’une possibilité de se réaliser… » L’étape suivante est généralement la peur, puis la tristesse – qui correspond à la phase de deuil. « C’est le bon moment pour faire son pot de départ, par exemple. Car on commence à prendre du recul et à voir le positif apporté par cette expérience. Bientôt, on est prêt à rebondir vers une nouvelle aventure ».

Il est donc essentiel de laisser toutes ces émotions nous traverser pour tirer tous les bénéfices d’un échec. « Et tout au long de ce processus, être bien entouré est essentiel », souligne la psychothérapeute. « Mais si vos proches doivent être présents, il faut à tout prix qu’ils évitent de donner de mauvais conseils. Entendre que vous trouverez vite autre chose ou que votre directeur de mission est un imbécile ne vous aidera pas à avancer de manière constructive ».

 

« La seule façon d’apprendre d’un échec, c’est de l’analyser »

 

Une fois qu’on a accepté l’idée d’avoir échoué, nous sommes prêts à en tirer les leçons qui s’imposent. Et pour Isabelle Filliozat, « la seule façon d’apprendre d’un échec, c’est de l’analyser ». Il faut observer, réfléchir, se poser des questions pour remonter à l’origine du problème et en trouver les causes. « Le tout, c’est de mener une juste évaluation des responsabilités. Car si on peut être à l’origine d’un échec, celui-ci peut tout aussi bien être lié à une circonstance extérieure ». Plus tard, on sera alors capable d’en reparler en expliquant ce que cette étape nous a appris dans notre parcours professionnel – et même dans notre vie, en général.

Dans tous les cas, il ne faut pas se précipiter. « Prendre son temps pour mieux se reconnecter ». Et oser demander de l’aide à ses proches. « Souvent, par peur d’être jugé, on préfère taire ses faiblesses. Alors que notre conjoint, nos amis, notre famille sont les personnes les plus à même de nous soutenir de manière inconditionnelle ».