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Les frais de grands déplacements en portage salarial

Une freelance travaille à la plage

La gestion des frais professionnels en portage salarial fait partie des sujets pratiques que les consultants doivent rapidement maîtriser. Entre les dépenses engagées, les justificatifs et les règles à respecter, il est facile de s’y perdre.

Les frais liés aux grands déplacements sont particulièrement importants pour ceux qui travaillent loin de leur domicile. Comprendre comment fonctionnent ces indemnités permet de mieux anticiper leurs impacts sur votre budget et sur votre rémunération nette.

Qu’entend-on par grand déplacement en portage salarial ?

Le forfait grand déplacement s’adresse aux consultants portés qui ne peuvent pas regagner leur domicile chaque soir après leur journée de mission. Concrètement, vous êtes concerné si votre situation répond aux critères établis par l’URSSAF. Ces critères sont assez précis et permettent d’éviter les abus tout en protégeant les salariés qui doivent vraiment s’éloigner de chez eux pour travailler. D’abord, la distance entre votre domicile et le lieu de votre mission doit dépasser 50 kilomètres.

Mais ce n’est pas tout. Il faut également que les transports en commun ne permettent pas de faire le trajet en moins d’une heure et demie, que ce soit à l’aller ou au retour. Si ces deux conditions sont remplies, ou si votre société de portage peut démontrer que les circonstances vous empêchent matériellement de rentrer chez vous, alors vous êtes éligible au forfait grand déplacement. Il existe cependant une exception importante à connaître.

Même si vous remplissez tous les critères, si vous décidez malgré tout de rentrer chez vous chaque soir, les indemnités perçues perdront leur caractère exonéré. Elles seront alors intégrées à votre revenu imposable et soumises aux cotisations sociales. L’idée derrière cette règle est simple : le forfait existe pour compenser des frais réels d’hébergement et de repas que vous engagez effectivement. Si vous ne les engagez pas, l’exonération n’a plus lieu d’être.

Une freelance travaille sur la terrasse d'un hôtel

Pourquoi les frais de grand déplacement sont avantageux pour les consultants portés ?

En portage salarial, le forfait grand déplacement présente un double intérêt. D’une part, il vous permet de récupérer les sommes dépensées pour vous loger et vous restaurer pendant vos missions. D’autre part, ces montants viennent diminuer votre chiffre d’affaires avant calcul des cotisations et du prélèvement à la source, ce qui augmente mécaniquement votre salaire net à payer. Contrairement au salariat classique où l’employeur rembourse directement ces frais, en portage salarial, c’est votre société de portage qui traite ces dépenses comme des frais professionnels.

Cela signifie qu’ils ne sont ni imposables, ni soumis aux cotisations patronales ou salariales. Pour un consultant qui enchaîne les missions loin de chez lui, l’impact financier peut être significatif. Il faut toutefois garder en tête qu’il y a un revers à la médaille. Plus vous déclarez de frais professionnels, moins vous cotisez pour votre retraite et votre assurance chômage. C’est un équilibre à trouver selon votre situation personnelle et vos priorités. Si vous privilégiez le pouvoir d’achat immédiat, déclarer un maximum de frais est intéressant. Si vous pensez davantage à long terme, il peut être judicieux de limiter ces déclarations pour renforcer vos droits sociaux.

Les montants des frais de grand déplacement en France métropolitaine

L’URSSAF fixe chaque année les barèmes applicables pour les frais de grand déplacement. Ces montants diffèrent selon que vous travaillez en Île-de-France ou dans le reste de la métropole, et ils évoluent en fonction de la durée de votre mission.

  • Pour les trois premiers mois de mission, vous pouvez déduire jusqu’à 21,10 euros par repas, sur présentation de justificatifs. Pour l’hébergement et le petit-déjeuner, le forfait atteint 75,60 euros par jour si vous êtes en Île-de-France, contre 56,10 euros par jour dans les autres régions. Cette différence s’explique par le coût de la vie plus élevé dans la capitale et sa périphérie.
  • À partir du quatrième mois et jusqu’au 24ème mois, les montants diminuent. Le repas passe à 17,90 euros par jour, tandis que l’hébergement et le petit-déjeuner s’établissent à 64,30 euros en Île-de-France et 47,70 euros ailleurs. Cette dégressivité part du principe qu’au bout de quelques mois, vous avez probablement trouvé des solutions d’hébergement plus économiques ou des habitudes qui réduisent vos dépenses.
  • Après deux ans de mission au même endroit, les forfaits diminuent encore. Le repas descend à 14,80 euros, l’hébergement et le petit-déjeuner à 52, 90euros en Île-de-France et 39,30 euros dans les autres régions. Cette nouvelle baisse s’applique jusqu’au 72ème mois, soit six ans de mission. Au-delà, le principe même du grand déplacement peut être remis en question, puisqu’une mission de si longue durée pourrait être considérée comme un lieu de travail habituel.

Les spécificités des missions en Outre-mer

Lorsque vous intervenez dans les territoires d’Outre-mer, les barèmes changent pour s’adapter aux réalités locales. Pour la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin, l’indemnité d’hébergement se monte à 120 euros par jour. Les repas sont couverts à hauteur de 20 euros par jour. Un dispositif particulier existe pour les travailleurs reconnus handicapés, qui peuvent bénéficier d’une indemnité d’hébergement portée à 150 euros par jour.

Pour la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française, l’hébergement reste à 120 euros par jour (150 euros pour les travailleurs handicapés), mais les repas montent à 24 euros par jour. Ces montants tiennent compte du coût de la vie souvent plus élevé dans ces territoires éloignés. Comme en métropole, ces indemnités sont dégressives.

À partir du quatrième mois, une réduction de 15% s’applique sur tous les forfaits. Après 24 mois, c’est une baisse de 30% qui entre en vigueur. Cette logique reste la même : plus la durée s’allonge, plus on estime que vous trouvez des moyens d’optimiser vos dépenses.

Le cas particulier des missions à l’étranger

Quand votre mission vous emmène hors de France, les montants des frais remboursables changent également. En effet, le ministère de l’Économie établit chaque année des montants spécifiques pour chaque pays. Ces barèmes varient considérablement selon le coût de la vie local. Par exemple, une mission au Bénin vous permet de déduire 123 euros par jour, toutes dépenses confondues.

La particularité des missions à l’étranger réside dans la possibilité pour votre société de portage de réduire l’indemnité dans certaines situations. Si un hébergement vous est fourni gratuitement sur place, l’indemnité diminue de 65%. Si vous bénéficiez d’un repas gratuit, la réduction est de 17,5%, et si les deux repas sont pris en charge, elle atteint 35%. Reprenons l’exemple du Bénin : si votre client vous loge gratuitement, votre indemnité journalière tombe à 40 euros environ.

Pour les missions internationales, il existe aussi une flexibilité supplémentaire. Vous pouvez choisir entre deux modes de remboursement : soit vous déclarez vos frais d’hébergement au réel avec justificatifs, soit vous optez pour une allocation forfaitaire pour les repas. Dans ce second cas, les dépenses de restauration sont considérées comme correctement allouées à condition de ne pas dépasser 40% du montant total de l’indemnité de mission.

Un freelance travail dans son bureau tout en tenant un globe terrestre dans sa main

Les indemnités kilométriques dans les frais de déplacement en portage salarial

Le forfait grand déplacement en portage salarial ne se limite pas à l’hébergement et aux repas. Si vous utilisez votre véhicule personnel pour vos déplacements professionnels, vous pouvez également déclarer des indemnités kilométriques. L’URSSAF a établi un barème qui prend en compte la puissance fiscale de votre véhicule, la distance parcourue et le nombre de trajets effectués dans le mois. Pour être éligible aux indemnités kilométriques en situation de grand voyageur, vous devez respecter les mêmes critères que pour le forfait d’hébergement et de repas.

De plus, il faut que votre domicile et votre lieu de mission ne se situent pas tous les deux en Île-de-France, et que l’utilisation du véhicule ne relève pas d’une simple convenance personnelle. Si vous remplissez ces conditions, vous pouvez déclarer le kilométrage professionnel parcouru sur l’année. Il existe même une indemnité kilométrique vélo pour ceux qui utilisent ce mode de transport pour leurs trajets domicile-travail.

Elle s’élève à 0,25 euro par kilomètre parcouru, calculée sur l’itinéraire le plus court. Cette indemnité est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 200 euros par an. C’est un petit coup de pouce sympathique pour les consultants écolos qui veulent rester en forme tout en gagnant un peu d’argent.

Petit voyageur versus grand voyageur : quelle différence pour les indemnités ?

En portage salarial, on distingue deux profils de consultants selon leur mobilité. Le grand voyageur, dont nous venons de parler, ne peut pas rentrer chez lui chaque soir. Le petit voyageur, lui, rentre à son domicile tous les soirs mais effectue quand même des trajets significatifs pour se rendre sur son lieu de mission.

Si vous êtes petit voyageur, vous pouvez aussi bénéficier des indemnités kilométriques selon le même barème que les grands voyageurs. Vous pouvez également vous faire rembourser votre abonnement de transports en commun si vous l’utilisez pour votre trajet domicile-travail.

Pour cela, vous devrez fournir une attestation d’abonnement annuel à votre société de portage. Certaines sociétés acceptent même de rembourser les tickets de métro, bus, tram ou RER au cas par cas, ce qui peut représenter un avantage non négligeable.

Comment déclarer vos frais de grand déplacement en portage salarial ?

La procédure de déclaration passe par votre société de portage. Vous devez constituer des notes de frais en rassemblant tous les justificatifs nécessaires : factures d’hébergement, tickets de restaurant, relevés kilométriques si vous utilisez votre véhicule. Pour les forfaits grand voyageur, certaines sociétés de portage n’exigent pas de justificatifs puisque les montants sont établis à l’avance par l’URSSAF.

Cela simplifie grandement la gestion administrative pour les consultants qui se déplacent régulièrement. Il faut cependant rester vigilant sur plusieurs points.

Vos frais de déplacement doivent correspondre à une réalité professionnelle. Si vous déclarez des nuitées d’hôtel mais que vous rentrez finalement chez vous, vous risquez un redressement en cas de contrôle. De même, les frais déclarés doivent être proportionnés et raisonnables. Déclarer un hôtel cinq étoiles tous les soirs pendant des mois pourrait attirer l’attention de l’administration fiscale.

Conclusion

Les frais de grand déplacement en portage salarial représentent un levier financier important pour les consultants qui travaillent régulièrement loin de leur domicile. Ce dispositif permet de couvrir vos dépenses réelles d’hébergement et de restauration tout en optimisant votre rémunération nette grâce aux exonérations fiscales et sociales. Que vous interveniez en métropole, en Outre-mer ou à l’étranger, les barèmes établis par l’URSSAF offrent un cadre clair, même si leur complexité demande un minimum d’attention. A lire aussi :

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