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Quelles sont les différences entre le CAPE et le portage salarial ?

Une freelance seul dans son bureau au téléphone

Pour de nombreux professionnels, se lancer en indépendant représente un grand saut dans l’inconnu. Beaucoup souhaitent créer leur activité, mais ne disposent pas toujours d’une visibilité suffisante à long terme pour évaluer sa viabilité.

Face à cette incertitude, deux dispositifs permettent de tester un projet entrepreneurial tout en limitant les risques : le portage salarial et le contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE).

Comment fonctionnent ces deux dispositifs pour l’entrepreneur ? Quelles sont les conditions pour travailler en CAPE ou dans une société de portage salarial ? Quels sont les avantages et les inconvénients de chaque statut ? Dans cet article, nous allons répondre à toutes ces questions et vous aider à choisir la meilleure solution pour votre projet entrepreneurial.

Comment fonctionne le contrat CAPE ?

Le contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE) permet à un professionnel qui souhaite créer ou reprendre une activité de tester la viabilité économique de son projet tout en bénéficiant de l’accompagnement d’une structure spécialisée.

L’indépendant est « couvé » par une entreprise (une couveuse) qui l’aide à préparer son activité et met à sa disposition des moyens matériels, techniques et financiers. En contrepartie, le professionnel s’engage à suivre un programme d’accompagnement portant notamment sur la définition de son offre, la recherche de clients, la fixation de ses tarifs et la gestion de son activité. Le CAPE est signé pour une durée maximale d’un an et peut être renouvelé deux fois, portant sa durée totale à trois ans.

⚠️ Le CAPE n’est pas un contrat de travail. En effet, le porteur de projet ne devient pas salarié de la couveuse.

Quelles sont les conditions pour signer un CAPE ?

Le contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE) s’adresse aux personnes qui souhaitent créer ou reprendre une entreprise ou une activité économique. Il s’adresse à une diversité de catégories socio-professionnelles, notamment :

  •  Les demandeurs d’emploi ;
  •  les bénéficiaires de minima sociaux ;
  • les salariés à temps partiel ;
  •  les dirigeants associés uniques d’une EURL ou d’une SASU.

Bon à savoir : un salarié à temps plein ne peut pas bénéficier du CAPE.

Le contrat établi entre le porteur de projet et l’entreprise couveuse doit être obligatoirement rédigé et signé par écrit. Ma couveuse doit s’engager à lui fournir un accompagnement régulier et un programme de préparation à la création, à la reprise et à la gestion d’une activité économique. Elle peut également mettre à sa disposition des moyens matériels, techniques ou financiers nécessaires au développement du projet.

Quelles sont les avantages et les inconvénients de la CAPE ?

Avant de s’engager dans un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE), il est essentiel d’en comprendre précisément le fonctionnement.

Quels sont les avantages de la CAPE ?

Pour un aspirant consultant qui souhaiter tester son projet, la relation contractuelle qu’implique le contrat d’appui au projet d’entreprise a de nombreux d’avantages.

  • Sécurité sociale et protection : même s’il ne constitue pas un contrat de travail, le CAPE vous permet de bénéficier de droits sociaux proches de ceux d’un salarié. En effet, pendant toute la durée du contrat, vous relevez du régime général de la Sécurité sociale.
  • Maintien des droits : sous réserve de respecter les conditions fixées par France Travail, vous pouvez conserver le bénéfice de vos allocations chômage, notamment l’ARE, pendant la durée du CAPE.
  • Un accompagnement adapté : Le dispositif offre une formation pour apprendre à créer et gérer une entreprise : une étude de faisabilité du projet, la mise en œuvre des conditions de sa réalisation, et un accompagnement dans les actes préparatoires.
  • Tester son activité : la CAPE offre une structure de test pour savoir si votre activité est viable. En effet, le contrat apporte un appui méthodologique, administratif, matériel et financier.
  • Un statut ouvert : contrairement à d’autres statuts juridiques, le CAPE est ouvert à tous types de profils. En effet, Il s’adresse aux demandeurs d’emploi, bénéficiaires de minima sociaux et salariés à temps partiel, mais aussi aux dirigeants associés uniques d’EURL ou de SASU.

Si le CAPE a de nombreux avantages, il ne faut pas négliger ses inconvénients.

Quels sont les inconvénients du CAPE ?

Même s’il offre un cadre sécurisant pour tester une activité, le CAPE présente certaines limites. Il est donc important d’en mesurer les contraintes avant de s’engager.

  • Le CAPE n’est pas un contrat de travail : le bénéficiaire n’est pas salarié de la structure accompagnatrice. Il ne bénéficie donc pas de l’ensemble des droits associés au salariat, notamment des congés payés et de certaines garanties propres au statut de salarié.
  • La protection sociale reste encadrée : le bénéficiaire relève du régime général de la Sécurité sociale dans les conditions prévues par le contrat, mais cette protection ne doit pas être assimilée à celle d’un salarié classique. Le maintien de l’ARE, par exemple, dépend de la situation du porteur de projet et du respect des règles fixées par France Travail.
  • Le dispositif est accessible uniquement à certains profils : le CAPE est ouvert aux demandeurs d’emploi, aux bénéficiaires de minima sociaux, aux salariés à temps partiel et aux dirigeants associés uniques d’une EURL ou d’une SASU. En revanche, les salariés à temps plein ne peuvent pas en bénéficier.
  • Prévoir des frais supplémentaires : la couveuse d’entreprises peut demander une rétribution en contrepartie de son accompagnement et des moyens mis à disposition.
  • Le porteur de projet doit respecter les règles de la structure accompagnatrice : les engagements pris auprès des clients, les dépenses engagées, l’utilisation des outils ou encore les modalités de suivi peuvent être encadrés. Le bénéficiaire ne dispose donc pas toujours de la même liberté de fonctionnement qu’un entrepreneur ayant créé sa propre structure.
  • Le CAPE est limité dans le temps : il est conclu pour une durée maximale de douze mois et peut être renouvelé deux fois, soit trois ans au maximum. À l’issue du contrat, le porteur de projet doit avoir préparé la suite de son activité et choisir un statut adapté.
  • Le CAPE ne garantit pas la réussite du projet : il permet de tester une activité et de bénéficier d’un accompagnement, mais il ne garantit ni la recherche de clients, ni un niveau de chiffre d’affaires, ni une rémunération minimale.
  • Il ne remplace pas la création officielle d’une entreprise : lorsque l’activité est suffisamment développée, le porteur de projet doit effectuer les formalités nécessaires et choisir une structure juridique. Le CAPE constitue donc une étape de transition, et non un statut définitif

Comment fonctionne le portage salarial ?

Le portage salarial est un statut hybride à mi-chemin entre le salariat et l’indépendance. Il permet à un indépendant de bénéficier des avantages du salariat. Concrètement, l’indépendant signe un contrat de travail avec une entreprise de portage salarial. En signant ce contrat, il passe d’indépendant à salarié porté. Ce changement de statut l’amène à bénéficier d’une couverture sociale similaire à celle d’un salarié classique.

Bien qu’il soit officiellement salarié de la société de portage, il reste un indépendant. Ainsi, il est libre de trouver ses missions, de fixer ses tarifs et les conditions d’exécution de ses missions.

Un freelance assis au café travaillant sur un ordinateur portable.

Quelles sont les conditions pour faire du portage salarial ?

Afin de pérenniser la viabilité du statut,  le recours au portage salarial est soumis à des conditions :

  • Disposer d’un niveau suffisant : le salarié porté doit justifier d’une qualification professionnelle de niveau 5 (niveau Bac +2) ou d’une expérience d’au moins trois ans dans son secteur d’activité.
  • Être autonome dans son activité : le professionnel doit être capable d’organiser son travail, de définir les modalités de ses interventions et de réaliser ses prestations sans lien de subordination avec l’entreprise cliente. De plus, ​la société de portage salarial n’a aucune obligation de fournir des missions au salarié porté. Celui-ci doit donc assurer sa prospection commerciale, identifier ses prospects et développer son propre portefeuille clients.
  • Exercer une activité compatible avec le portage salarial : le portage concerne principalement les prestations intellectuelles, de conseil, d’expertise, de formation ou d’accompagnement réalisées pour des entreprises clientes. La mission doit être conforme au cadre légal du portage salarial et aux conditions d’intervention acceptées par la société de portage.
  • Atteindre un niveau de rémunération suffisant : le portage salarial est soumis à une rémunération minimale définie par le Code du travail et la convention collective applicable. Le salarié porté, doit pouvoir gagner une rémunération mensuelle brut supérieure à 77 % du plafond de la sécurité sociale de 2017, soit 2517,13 euros

Une freelance travaille sur son PC

Quels sont les avantages et les inconvénients du portage salarial ?

Le portage salarial est une solution idéale pour les professionnels qui souhaitent se lancer en indépendant sans les contraintes de la création d’une entreprise. Si le portage salarial a de nombreux avantages, il ne faut pas aussi négliger ses inconvénients.

Quels sont les avantages du portage salarial ?

Le portage salarial permet de développer une activité indépendante tout en bénéficiant de la protection sociale et de la sécurité liées au statut de salarié. Il repose sur une relation tripartite entre le professionnel porté, la société de portage salarial et l’entreprise cliente.

  • Bénéficier des avantages du salariat : le professionnel qui va signer un contrat de travail avec une société de portage  reçoit un bulletin de paie et bénéficie des droits sociaux associés au salariat.
  • Profiter d’une protection sociale complète : le salarié porté bénéficie notamment de l’assurance maladie, de la couverture en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, de droits à la retraite et, sous réserve de  de l’assurance chômage.
  • Conserver son autonomie professionnelle : le salarié porté choisit ses missions, prospecte ses clients, négocie ses tarifs et organise librement son travail. La société de portage ne lui fournit pas nécessairement de missions, mais elle lui permet d’exercer son activité dans un cadre salarié.
  • Aucune tâche administrative : la société de portage établit les factures, encaisse les règlements des clients, calcule les cotisations sociales et prépare les bulletins de paie. Le professionnel peut ainsi consacrer davantage de temps à ses missions, à la prospection et au développement de son activité.
  • Sécuriser la relation avec les clients : la société de portage formalise la relation commerciale avec l’entreprise cliente et encadre les conditions de réalisation de la mission. Elle peut également assurer le suivi administratif du contrat et du paiement des prestations.
  • Tester une activité avant de créer sa propre structure : le portage salarial peut permettre à un professionnel de vérifier la viabilité de son activité, de développer sa clientèle et de mieux évaluer ses besoins avant d’envisager, éventuellement, la création d’une entreprise.

Quels sont les inconvénients du portage salarial ?

Le portage salarial offre un équilibre entre autonomie et protection sociale, mais ce fonctionnement présente également certaines limites. Avant de choisir ce statut, il est important d’évaluer son coût, son niveau d’autonomie et les obligations qui restent à la charge du professionnel.

  • Des frais élevés : la société de portage prélève des frais de gestion sur le chiffre d’affaires réalisé (entre 5 et 15 %). À cela s’ajoutent les différentes charges.
  • Les périodes sans mission peuvent ne pas être rémunérées : lorsqu’aucune prestation n’est réalisée auprès d’une entreprise cliente, le salarié porté peut ne percevoir aucune rémunération au titre de cette période, selon les conditions prévues par son contrat et la convention collective applicable. Il est donc nécessaire de prévoir une trésorerie suffisante entre deux missions.
  • Un niveau de rémunération exigée : pour être éligible au portage salarial, vous devez être capable de percevoir une rémunération minimum. En effet, vous devez être capable de percevoir 2 517, 19 euros brut par mois.
  • Un niveau  d’expertise exigé : le portage salarial s’adresse à des professionnels capables de rechercher eux-mêmes leurs clients, de négocier le prix de leurs prestations et d’en organiser l’exécution. Il peut donc être moins adapté aux débutants, aux personnes qui ont besoin d’un accompagnement commercial important ou à celles qui ne disposent pas encore d’une offre clairement définie.
  • Toutes les activités ne sont pas nécessairement compatibles avec le portage salarial : ce statut concerne s’adresse exclusivement aux prestations intellectuelles ou d’expertises réalisées pour des entreprises clientes. Certaines activités, notamment celles qui nécessitent un cadre juridique particulier ou qui ne correspondent pas à une prestation intellectuelle ou d’expertise, peuvent ne pas être acceptées par les sociétés de portage.

Comment choisir entre couveuse et portage salarial ?

La couveuse d’entreprise et le portage salarial permettent tous deux de démarrer une activité indépendante sans créer immédiatement sa propre entreprise. Cependant, ces deux dispositifs ne répondent pas au même objectif. La couveuse s’inscrit principalement dans une démarche de test et d’accompagnement à la création, tandis que le portage salarial permet d’exercer une activité professionnelle de manière plus durable tout en bénéficiant du statut de salarié.

La couveuse pour tester un projet

La couveuse d’entreprise se destine aux personnes qui se trouvent encore au début de leur réflexion ou qui souhaitent vérifier la viabilité de leur projet avant de se lancer pleinement. Elle permet de tester son offre, de rechercher ses premiers clients, d’ajuster ses tarifs et de mieux comprendre les réalités commerciales et administratives de l’entrepreneuriat.

Elle est conclu pour une durée maximale de douze mois et peut être renouvelé deux fois, soit une durée totale pouvant atteindre trois ans. Cette période permet de prendre le temps de confirmer son projet, de développer une première clientèle et de préparer la suite de son activité. À l’issue du contrat, le porteur de projet peut créer son entreprise, modifier son offre, choisir un autre statut ou renoncer à son projet si les résultats obtenus ne sont pas suffisants.

La couveuse est donc particulièrement intéressante lorsque le projet est encore en phase de construction ou lorsque le porteur de projet a besoin d’un accompagnement important. Il faut toutefois rappeler que le CAPE n’est pas un contrat de travail. Le bénéficiaire n’est pas salarié de la couveuse et ne bénéficie pas de l’ensemble des droits liés au salariat, même s’il peut profiter d’une protection sociale dans les conditions prévues par le dispositif et, selon sa situation, conserver ses allocations chômage.

Le portage salarial pour développer une activité dans la durée

Le portage salarial s’adresse davantage aux professionnels qui disposent déjà d’une expertise, d’une offre clairement définie et d’une certaine autonomie commerciale. Le salarié porté doit être capable de trouver ses clients, de négocier le contenu et le prix de ses prestations, puis d’organiser librement leur réalisation.

Contrairement au CAPE, le portage salarial repose sur la signature d’un contrat de travail, qui peut être à durée déterminée ou indéterminée, entre le professionnel et la société de portage. Cette dernière prend en charge la facturation des clients, les déclarations sociales, l’établissement des bulletins de paie et une partie de la gestion administrative. Le professionnel conserve donc son autonomie dans le choix et la négociation de ses missions, tout en bénéficiant de la protection sociale associée au statut de salarié.

Le portage salarial peut être privilégié lorsque l’activité est déjà suffisamment mature, que le professionnel dispose de premières missions ou d’un réseau commercial solide et qu’il souhaite éviter les démarches liées à la création et à la gestion d’une entreprise. Il peut constituer une solution durable pour les consultants, formateurs, managers de transition et experts qui souhaitent exercer leur activité avec davantage de sécurité administrative et sociale.

Ce dispositif présente toutefois un coût. Des frais de gestion sont prélevés par la société de portage sur le chiffre d’affaires réalisé, auxquels s’ajoutent les cotisations sociales. Le montant finalement perçu est donc inférieur au chiffre d’affaires facturé au client. Par ailleurs, les périodes sans mission peuvent ne pas être rémunérées selon les conditions prévues par le contrat de travail et la convention collective applicable.

Un choix qui dépend de la maturité du projet

Le choix entre couveuse et portage salarial dépend principalement de l’état d’avancement du projet professionnel. Une personne qui souhaite encore tester son idée, valider son offre et être accompagnée dans ses premières démarches aura généralement intérêt à se tourner vers une couveuse.

À l’inverse, un professionnel qui possède déjà une expertise reconnue, une offre commercialisable et la capacité de trouver ses propres clients pourra davantage s’orienter vers le portage salarial. Ce statut lui permettra de développer son activité sans créer immédiatement sa propre structure juridique, tout en bénéficiant d’un cadre salarié.

Ces deux solutions peuvent également s’inscrire dans un parcours progressif. Il est possible de commencer par une période en couveuse afin de tester son projet, puis de choisir le portage salarial une fois l’activité validée et les premières missions obtenues. La couveuse correspond alors à une phase d’expérimentation, tandis que le portage salarial accompagne le développement de l’activité dans la durée.

Conclusion

Le CAPE et le portage salarial sont deux solutions adaptées aux professionnels qui souhaitent lancer une activité indépendante tout en limitant les risques. Le principal critère de choix repose sur la maturité du projet : le CAPE permet de tester une activité dans un cadre accompagné, avec une durée maximale d’un an, renouvelable deux fois, tandis que le portage salarial s’adresse davantage aux professionnels qui disposent déjà d’une expertise, de clients ou de premières missions. Les entreprises de portage offrent alors un cadre salarié et une gestion administrative simplifiée, sans nécessiter la création immédiate d’une entreprise.

Le choix entre le CAPE et le portage salarial dépend donc de la situation, des objectifs et du niveau d’autonomie de chacun Que ce soit un contrat de portage salarial ou un projet avec une couveuse, vous devez choisir la solution la plus adapté pour le lancement de votre activité.

Pour aller plus loin :

Portage salarial ou SASU : comment faire un choix ?

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