Le système qui permettait à une personne retraitée de continuer ou reprendre un travail tout en recevant sa pension va être revu à compter du 1er janvier 2027. Cette réforme provient de la loi de financement de la sécurité sociale pour l’année 2026. Elle concerne les assurés qui quitteront la vie active à partir de cette date.
Jusqu’ici, le dispositif distinguait plusieurs formes de cumul selon les situations et les revenus. À partir de la mise en place des nouvelles règles, cette distinction disparaît. Le fonctionnement reposera principalement sur l’âge d’entrée en retraite, avec des conditions différentes selon trois paliers.
Un système ancien, devenu illisible
Depuis sa généralisation au début des années 2000, le cumul emploi-retraite avait été pensé comme un outil de souplesse. Deux régimes coexistaient. D’un côté, le cumul dit « intégral », réservé aux assurés partis à taux plein soit par l’âge, à 67 ans, soit grâce à une durée de cotisation suffisante — qui pouvaient additionner pension et salaire sans aucun plafond.
De l’autre, un cumul « plafonné » pour les départs avant le taux plein, où les revenus d’activité ne devaient pas dépasser un certain seuil, généralement fixé à 160 % du SMIC, sous peine de voir la pension suspendue ou réduite. Un système jugé peu lisible, dont les règles variaient en outre selon le régime de retraite concerné.
L’âge comme nouveau critère central
À partir de 2027, cette architecture disparaît. Le nouveau dispositif repose sur un critère unique et plus intuitif : l’âge auquel l’assuré a liquidé ses droits. Trois situations sont désormais prévues.
- Pour ceux qui partent avant l’âge légal : le couperet tombe sans nuance. Tout euro gagné dans le cadre d’une activité professionnelle, ou perçu sous forme de certains revenus de remplacement comme des indemnités maladie, viendra en déduction directe de la pension. Un mécanisme qui, en pratique, rend le cumul financièrement neutre dans le meilleur des cas, et carrément pénalisant dans bien d’autres.
- Entre l’âge légal et 67 ans : le régime est plus nuancé mais reste encadré. Les retraités pourront cumuler pension et revenus d’activité sans pénalité, à condition de ne pas dépasser 7 000 euros de gains annuels, soit un peu moins de 600 euros par mois. Au-delà de cette limite, la pension sera réduite de moitié du dépassement constaté : 2 000 euros de revenus au-dessus du plafond, c’est 1 000 euros en moins sur la retraite perçue dans l’année.
- Pour ceux de 67 ans et plus : les règles restent les mêmes : liberté totale, aucun plafond, et des cotisations versées sur l’activité qui continuent d’ouvrir de nouveaux droits à retraite.
Une logique cohérente, mais des inconnues persistantes
La réforme poursuit trois objectifs :
- Réduire le coût du cumul pour les finances publiques : l’ancien système permettait à certains assurés de percevoir une pension complète tout en continuant à travailler et donc à cotiser, sans que ces cotisations génèrent nécessairement des droits nouveaux. Un double flux de revenus que l’État et les régimes de retraite finançaient en partie. En instaurant des déductions systématiques pour les départs précoces, la réforme réduit mécaniquement les sommes versées.
- Décourager les départs anticipés : en rendant le cumul pénalisant pour quiconque part avant 64 ans, la réforme envoie un message clair : liquider ses droits tôt pour ensuite continuer à travailler ne sera plus une stratégie rentable. L’objectif sous-jacent est de maintenir les actifs plus longtemps dans l’emploi avant toute liquidation, ce qui s’inscrit dans la continuité directe de la réforme des retraites de 2023 qui avait repoussé l’âge légal à 64 ans.
- Simplifier et rendre le dispositif plus lisible : l’ancien système, avec ses deux régimes aux règles variables selon les caisses, était source de confusion. Un critère unique (l’âge de départ) est plus simple à communiquer et à appliquer, même si le seuil des 7 000 euros introduit une nouvelle complexité pour la tranche intermédiaire.