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Le gouvernement veut encadrer davantage le CPF

Un public engagé qui écoute attentivement une présentation

Le compte personnel de formation (CPF) pourrait bientôt connaître une nouvelle évolution. Après plusieurs réformes destinées à limiter les dépenses et à mieux encadrer son utilisation, l’exécutif envisage désormais de soumettre chaque projet de formation à une validation préalable. L’objectif affiché est de s’assurer que les formations financées répondent réellement à un projet professionnel et aux besoins du marché de l’emploi.

Cette nouvelle orientation intervient alors que le coût du dispositif continue de peser sur les finances publiques. Le gouvernement souhaite ainsi réduire les dépenses tout en orientant les bénéficiaires vers des parcours jugés plus utiles pour leur avenir professionnel. Si cette mesure est adoptée dans le cadre du budget 2027, les conditions d’accès au CPF deviendront plus strictes qu’aujourd’hui.

Une validation avant de mobiliser son CPF

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé son intention de modifier les règles d’utilisation du compte personnel de formation. L’idée consiste à faire évoluer la logique actuelle afin que les formations financées correspondent à un véritable projet de carrière.

Concrètement, chaque demande devrait être examinée avant toute inscription. Les salariés devraient obtenir l’accord de leur employeur, tandis que les demandeurs d’emploi devraient faire valider leur projet par France Travail. Cette étape aurait pour but de vérifier que la formation choisie offre des perspectives d’emploi et s’inscrit dans un parcours professionnel cohérent.

Aujourd’hui, la procédure est beaucoup plus simple. Toute personne disposant de droits sur son CPF peut réserver directement une formation depuis la plateforme Mon Compte Formation, sans demander d’autorisation préalable.

Un rapport du Sénat à l’origine de cette évolution

Cette réforme s’appuie sur les recommandations publiées récemment par le Sénat. Les sénateurs estiment qu’une partie importante des formations financées ne répond pas aux besoins des entreprises ou ne favorise pas suffisamment le retour à l’emploi.

Selon leurs observations, près de 38 % des formations suivies grâce au CPF ne permettent pas d’obtenir une certification reconnue. Le rapport souligne également qu’en 2023, une formation sur cinq ne poursuivait aucun objectif lié à l’emploi.

Les auteurs du document recommandent donc de privilégier les formations qui répondent aux besoins des territoires, des secteurs en tension et des entreprises. Cette approche vise à mieux utiliser les fonds consacrés à la formation professionnelle.

Un dispositif déjà largement modifié

Depuis sa transformation en 2018, le CPF a connu plusieurs changements. Les salariés travaillant au moins à mi-temps accumulent chaque année 500 euros de droits, dans la limite de 5 000 euros, qu’ils peuvent utiliser pour financer différentes formations.

Au fil des années, plusieurs restrictions sont toutefois venues limiter son fonctionnement. Le financement de certaines formations est désormais soumis à des conditions plus strictes. C’est notamment le cas du permis moto, qui nécessite désormais une justification professionnelle.

Une participation financière obligatoire a également été instaurée. Fixée à 100 euros lors de son entrée en vigueur en 2024, elle atteint désormais 150 euros depuis avril 2026. D’autres plafonds ont aussi été appliqués afin de mieux maîtriser les dépenses liées au dispositif.

Ces différentes mesures ont eu un impact sur le nombre d’utilisateurs. En 2025, le recours au CPF a diminué de 11 % par rapport à l’année précédente.

Une volonté de réduire les dépenses publiques

Au-delà de la volonté d’améliorer la qualité des formations, cette réforme répond aussi à un objectif budgétaire. Le gouvernement cherche à limiter les dépenses publiques dans plusieurs domaines afin de préparer le budget 2027.

Le CPF représente une part importante des financements consacrés à la formation professionnelle. Chaque année, plus d’un million de Français utilisent ce dispositif pour développer leurs compétences ou préparer une reconversion.

La future validation obligatoire pourrait permettre de réaliser près de 350 millions d’euros d’économies par an. Cette somme représenterait une réduction importante des dépenses supportées par France compétences, l’organisme chargé de financer et de réguler la formation professionnelle ainsi que l’apprentissage.

Avec ce nouveau filtre, l’exécutif souhaite concentrer les financements sur les projets présentant des débouchés professionnels réels, tout en limitant les formations considérées comme éloignées des besoins du marché du travail.

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