L’emploi en France traverse une phase de tension marquée. Les données récentes diffusées par France Travail dressent un tableau préoccupant de la situation sur l’année 2025. Le nombre de personnes sans emploi progresse à un rythme soutenu, avec un impact fort sur certaines catégories de la population.
Cette évolution interroge autant sur la solidité du marché du travail que sur l’efficacité des dispositifs actuels d’accompagnement vers l’emploi. Cet article fait le point sur les tendances observées, les méthodes de calcul utilisées et les publics les plus exposés.
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Une augmentation visible du nombre de personnes sans emploi
Les statistiques publiées à la fin du mois de janvier montrent une progression nette du chômage sur l’ensemble de l’année 2025. Sur les trois derniers mois de l’année, le total des personnes inscrites sans aucune activité a progressé de 2,6 %. Sur douze mois, cette hausse atteint 6,8 %. Ces chiffres concernent la catégorie A, qui regroupe les inscrits à France Travail ne déclarant aucun travail, même occasionnel.
Cette évolution traduit un élargissement du nombre de personnes privées d’emploi sur une période relativement courte. Elle reflète aussi un ralentissement du marché du travail, dans un contexte économique moins porteur pour les recrutements durables. La dynamique observée en fin d’année confirme une tendance installée depuis plusieurs trimestres.
Des chiffres influencés par de nouvelles règles
Les données publiées prennent en compte plusieurs changements récents dans le mode de comptabilisation des demandeurs d’emploi. Les bénéficiaires du RSA ainsi que les jeunes engagés dans des parcours d’insertion sont désormais intégrés aux statistiques de France Travail. À cela s’ajoute un nouveau système de sanctions, qui privilégie les pénalités financières plutôt que la suppression de l’inscription.
Lorsque ces paramètres sont exclus de l’analyse, la progression du chômage apparaît plus limitée. Sans ces ajustements, l’augmentation aurait été de 2 % sur le dernier trimestre et de 1,7 % sur l’année. Cette différence souligne l’impact direct des choix méthodologiques sur la lecture des résultats, sans pour autant effacer la tendance générale à la hausse.
L’évolution des catégories A, B et C
En élargissant le périmètre aux catégories A, B et C, qui incluent les personnes exerçant une activité réduite, la progression reste notable. Sur le dernier trimestre, l’augmentation atteint 1 %, tandis que le cumul annuel affiche une hausse de 4,8 %. Ces chiffres montrent que même les profils disposant de revenus partiels sont plus nombreux à dépendre des dispositifs d’accompagnement.
En neutralisant les nouvelles règles de calcul, la hausse annuelle aurait été de 1,6 %. Cette approche révèle un phénomène de maintien dans les listes, lié à une baisse des radiations administratives. Le recours à des sanctions financières limite les sorties statistiques, ce qui contribue à gonfler les effectifs suivis sur la durée.
Les jeunes en première ligne face à la dégradation
La dégradation de l’emploi touche de manière marquée les plus jeunes. Parmi les demandeurs d’emploi de catégorie A, les moins de 25 ans enregistrent une progression de 1,7 % sur le dernier trimestre. Sur l’ensemble de l’année, l’augmentation atteint 23 %, un niveau sans équivalent dans les autres tranches d’âge.
Ce groupe rencontre des obstacles spécifiques, liés à l’accès au premier emploi, à la précarité des contrats et à la concurrence accrue sur les postes d’entrée de carrière. À la fin de l’année, plus de 800 000 jeunes étaient en attente de leur entretien d’orientation, classés dans une catégorie distincte dédiée aux parcours d’insertion.
Une attente persistante pour l’orientation et l’accompagnement
Au quatrième trimestre, 812 000 jeunes se trouvaient dans cette phase d’attente, sans affectation vers un dispositif précis. Ce volume reste élevé, même si une baisse de 6,4 % est observée par rapport au trimestre précédent. Cette diminution ne suffit pas à compenser l’ampleur du stock de jeunes en transition.
Cette situation met en lumière les délais d’accès aux dispositifs d’accompagnement et la pression exercée sur les structures chargées de l’insertion professionnelle. Elle pose aussi la question de l’adéquation entre les formations proposées et les besoins réels du marché du travail, dans un contexte où l’entrée dans l’emploi devient plus complexe pour une partie croissante de la population active.