
Obtenir un crédit immobilier n’est pas toujours évident, surtout quand on n’a pas le statut classique de salarié. Les banques regardent souvent d’un œil méfiant les freelances, qui doivent prouver la stabilité de leurs revenus. Mais qu’en est-il des salariés portés ? Ce statut, qui se situe entre le salariat et l’indépendance, offre-t-il des avantages pour emprunter ?
Dans cet article, on compare les deux situations : quels sont les critères des banques, quels documents demander, et quels sont les points à anticiper selon son statut. Un éclairage utile pour mieux préparer son dossier et maximiser ses chances d’obtenir un prêt immobilier.
Les banques, face à la hausse des taux et à l’instabilité économique, ont resserré leurs critères d’octroi de crédit. Les profils atypiques, comme les freelances, sont particulièrement scrutés.
En effet, pour les indépendants, les refus de prêt sont courants: près de 60 % des freelances essuient un refus, même avec un historique financier solide. Près de la moitié d’entre eux abandonnent alors leur projet immobilier, tandis que 23% envisagent carrément de renoncer à leur indépendance pour retrouver un statut salarié plus rassurant aux yeux des banques.
Contrairement aux freelances classiques, le salarié porté bénéficie d’un net avantage grâce à la régularité de ses revenus. Il reçoit chaque mois une fiche de paie émise par sa société de portage, ce qui rassure les banques habituées à analyser des bulletins de salaire standardisés. En cas de baisse d’activité, il peut même demander à lisser son salaire sur plusieurs mois, ce qui maintient une apparence de stabilité financière.
À l’inverse, le freelance, surtout en auto-entreprise, subit de plein fouet les fluctuations de son chiffre d’affaires. Les périodes creuses ou les retards de paiement client créent des irrégularités qui compliquent l’obtention d’un prêt immobilier.
Lorsqu’il s’agit de présenter un dossier bancaire, le salarié porté part avec un avantage certain : il fournit simplement sa fiche de paie, qui indique clairement son salaire net et rassure les conseillers de banque, habitués à ce type de document. Il peut certes être amené à justifier la stabilité de ses missions, mais la lisibilité de ses revenus reste un atout majeur.
À l’inverse, le freelance doit rassembler une multitude de documents : déclarations d’impôts, relevés bancaires, factures clients… Cette complexité administrative complique l’analyse bancaire et peut décourager certains conseillers. À cela s’ajoute l’exigence, souvent imposée par les banques, de justifier d’au moins trois années d’activité, un critère qui pénalise les freelances récemment installés.
Par ailleurs, si le freelance affiche parfois des revenus bruts plus élevés que le salarié porté, notamment dans les secteurs techniques ou créatifs, il ne faut pas oublier la question des charges. Le salarié porté paie entre 5 et 10 % de frais de gestion, tandis que l’auto-entrepreneur supporte environ 22 % de cotisations sociales. Surtout, les charges du salarié porté apparaissent clairement sur sa fiche de paie, alors que le freelance doit expliquer lui-même la structure de ses coûts, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire à son dossier.
De plus, le salarié porté bénéficie d’un avantage déterminant face au freelance : il peut signer un contrat à durée indéterminée (CDI) avec sa société de portage. Ce statut contractuel constitue un véritable sésame pour l’accès au crédit immobilier, car il rassure les banques, habituées à ce type de relation salariale et à la stabilité qu’il implique.
En effet, du point de vue du banquier et grâce au CDI, le salarié porté dispose d’une sécurité professionnelle et perçoit un salaire mensuel, ce qui garantit aux établissements bancaires sa capacité à rembourser les mensualités du prêt. Cette situation permet souvent d’obtenir des conditions de prêt plus avantageuses, avec des taux d’intérêt parfois inférieurs à ceux proposés à des profils en CDD ou sans contrat salarié. En outre, le CDI en portage salarial offre une parité documentaire avec le salarié classique, facilitant grandement l’analyse du dossier par les conseillers bancaires.
À l’inverse, le freelance doit constamment justifier de la continuité de son activité et de la régularité de ses revenus, sans pouvoir s’appuyer sur la sécurité d’un CDI. Il doit rassembler des preuves de sa stabilité financière, ce qui rend son parcours vers l’obtention d’un prêt plus complexe et plus long. Ainsi, le CDI en portage salarial apparaît comme une solution plus avantageuse pour accéder au crédit immobilier, là où le freelance reste tributaire de la volonté de la banque d’accepter un profil atypique.

Le salarié porté a souvent accès à des formations financées par sa société de portage, ce qui renforce son employabilité et rassure les banques sur la pérennité de ses revenus futurs. À l’inverse, le freelance, notamment en micro-entreprise, doit assumer seul le financement et l’organisation de ses propres formations.
S’il souhaite développer ses compétences, il doit mobiliser ses propres ressources ou recourir à des dispositifs publics, souvent moins accessibles et moins adaptés à son profil. Cette autonomie peut influencer négativement la perception des banques quant à la stabilité professionnelle et à l’employabilité du freelance. Ainsi, la question de la formation apparaît comme un critère différenciant majeur entre salarié porté et freelance dans l’évaluation bancaire.
Le salarié porté dispose d’atouts décisifs pour décrocher un crédit immobilier : régularité des revenus, simplicité du dossier, possibilité de CDI et lissage des revenus.
Le freelance, malgré des revenus parfois plus élevés, doit faire face à une complexité documentaire, des fluctuations de chiffre d’affaires et l’absence de CDI, ce qui rend l’accès au crédit plus difficile et plus long.
A lire aussi :
SUIVEZ-NOUS
Qui sommes-nous ?



