Freelances : et si vous troquiez vos compétences ?


Créer un logo en échange de l’hébergement de son site Internet, proposer une formation contre du mobilier… c’est le principe du troc inter-entreprises, qui connaît un succès grandissant. Une façon de bénéficier de biens et de services, sans avoir à puiser dans sa trésorerie. Et, bonne nouvelle, les freelances peuvent aussi en profiter !

Pratique assez répandue dans certains pays, le troc entre entreprises se développe de plus en plus dans l’hexagone. Des plateformes entièrement dédiées à ce système d’échanges sont d’ailleurs apparues sur la toile, jouant une fonction d’intermédiaire entre les sociétés qui souhaiteraient proposer un bien ou un service, et celles qui voudraient en bénéficier.

C’est notamment le cas de France Barter, cofondée par Arthur Bard et Samuel Cohen en 2014. Sur ce site, les échanges se déroulent non pas entre deux entreprises, mais au sein d’un plus vaste réseau. Pour l’intégrer, il faut compter un abonnement annuel de 235 €, auquel s’ajoute le prélèvement d’une commission de 5 % sur le montant des échanges réalisés. Nul besoin, en revanche, d’être une entreprise. Le réseau est également ouvert aux associations, aux commerçants, aux professions libérales et aux indépendants. Chacun de ses membres dispose d’un compte crédité en barters – monnaie virtuelle équivalente à l’euro, pensée pour faciliter les transactions.

« Chacun de ses membres dispose d’un compte crédité en barters »

Pour illustrer le fonctionnement de la plateforme, nous pouvons prendre un exemple simple. Imaginons que vous avez besoin de matériel informatique pour une valeur de 3 000 €, mais que vous ne disposez pas de cette somme. Il vous suffit de trouver un fournisseur sur le site et de lui demander un devis. Une facture sera ensuite éditée, avec la mention « paiement par compensation ». Votre compte sera alors débité de 3 000 barters et celui du fournisseur, crédité du même montant. Ce dernier pourra ensuite s’en servir pour bénéficier des services d’une troisième société. De votre côté, vous pourrez proposer un bien ou un service à une quatrième entité pour récupérer des barters, et combler votre découvert.

Sur le plan comptable, les factures émises doivent être inscrites sur une ligne « autres liquidités » et les achats doivent figurer dans « autres créances ». Si vous souhaitez inclure une partie numéraire dans vos offres commerciales (par exemple 50 % en barters, 50 % en euros), c’est également possible. D’autres plateformes fonctionnent sur le même principe, telles que PrestaSwap, Be2Biz ou encore Swaplife. Certaines d’entre elles sont gratuites à l’inscription et ne fonctionnent que par commission, tandis que d’autres se rémunèrent uniquement grâce à un abonnement annuel. Plus originale, Win XChange propose aux freelances de la communication et du digital de troquer leurs services contre du bien-être dans un spa, un hôtel ou un restaurant.

Quel est l’intérêt du troc entre professionnels ?

Outre le fait de préserver votre trésorerie – ce dont on a souvent besoin en tant que travailleur indépendant – rejoindre un réseau de troc entre professionnels peut aussi vous aider à développer votre activité. Car c’est un véritable réseau professionnel que vous intégrez, auprès duquel vous pouvez faire valoir votre savoir-faire, et ainsi développer votre clientèle. Ce système vous permet également de satisfaire un besoin en temps réel, en évitant le risque d’un échange inadapté.

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