Comment le salaire est-il calculé en portage salarial ?


Travailleurs indépendants, vous souhaitez opter pour le portage salarial ? Cette forme d’emploi séduit en effet de plus en plus de freelances qui recherchent les avantages du salariat tout en conservant leur indépendance.

Au même titre qu’un salarié classique, le consultant porté par une société de portage bénéficie du régime général : il peut donc percevoir des indemnités chômage, il cotise à la retraite et bénéficie de congés payés. Malgré cela, il conserve son indépendance en fixant lui-même ses tarifs, en démarchant et en facturant ses clients.

En tant qu’employeur, c’est la société de portage salarial qui rémunère le consultant. Le salaire mensuel perçu par ce dernier est calculé selon différents critères et est basé sur le montant facturé à ses clients. Le salaire brut du consultant équivaut donc à son chiffre d’affaires, mais comment calculer le salaire net, c’est-à-dire le montant réel que le consultant percevra à la fin du mois ?

Le salaire brut du consultant en portage salarial

Pour calculer le salaire brut d’un consultant, rien de plus simple : il correspond en effet à l’ensemble de ses honoraires facturés à ses clients, mais aussi à ses avantages sociaux cumulés (congés payés, prime de précarité). En ce qui concerne le montant de ses honoraires, le consultant est libre de fixer lui-même ses prix et de négocier ses tarifs avec ses clients. Toutefois, en portage salarial, le taux journalier d’un consultant doit être supérieur à 300 €.

Le salaire brut du consultant sert de base pour calculer son salaire net. Le salaire net d’un consultant correspond ainsi à son salaire brut duquel sont déduits des frais de gestion, des cotisations sociales ainsi que la mutuelle obligatoire d’entreprise.

Les frais de gestion

Les frais de gestion correspondent au pourcentage prélevé par la société de portage pour se rémunérer elle-même. Ce pourcentage varie selon les différentes sociétés. En moyenne, les frais de gestion d’une société de portage représentent en général entre 5 et 10 % du chiffre d’affaires cumulé du consultant.

Ce pourcentage varie également selon l’ancienneté et le montant du chiffre d’affaires du consultant. En effet, les frais de gestion d’une société de portage sont souvent dégressifs. Ainsi, plus le chiffre d’affaires du consultant est élevé et moins le seront ses frais de gestion.

Ces frais de gestion permettent aux consultants de bénéficier de différents services très avantageux selon la société de portage qu’il choisit :

  • La gestion administrative de son activité : la société de portage s’occupe de ses facturations ou encore des relances à effectuer.
  • Un accompagnement personnalisé pour aider le consultant à évoluer dans son activité.
  • Une assistance juridique en cas de litige avec l’un de ses clients.
  • Un accès au réseau professionnel de la société afin d’étoffer son carnet d’adresses.
  • Des possibilités de formations pour une évolution professionnelle.
  • Une assurance de responsabilité civile professionnelle.

Les cotisations sociales

En tant que salarié, le consultant est tenu de s’acquitter de cotisations sociales même si la société de portage est celle qui se charge de les reverser à l’URSSAF et aux autres organismes concernés. En effet, dans le cadre du portage salarial, l’employeur (la société) et le salarié (le consultant) participent chacun à payer les cotisations sociales. Ainsi, la société doit s’acquitter des charges patronales tandis que le consultant doit lui s’acquitter des charges salariales.

Les charges salariales imputées au chiffre d’affaires du consultant correspondent notamment à la CSG, à l’assurance maladie, à la cotisation chômage, aux allocations familiales, à la cotisation vieillesse ou encore l’aide au logement. En contrepartie, le consultant bénéficie d’une couverture sociale complète : indemnités en cas de chômage, arrêt maladie ou encore droit à la retraite.

Le taux des cotisations sociales peut varier selon l’activité du consultant ou la masse salariale de la société de portage.

Les frais de fonctionnement

Dans le cadre de son activité, le consultant peut avoir des frais professionnels. On distingue deux types de frais :

  • Les frais de mission : ils correspondent aux dépenses engagées par le consultant pour ses déplacements, son hébergement ou encore ses repas. Ces frais doivent être négociés au préalable avec le client afin de les faire figurer sur le contrat de prestation. Ces frais ne sont pas pris en compte lors du calcul du salaire brut. Ainsi, ces frais facturables s’ajoutent au salaire net perçu.
  • Les frais de fonctionnement : ils correspondent aux frais inhérents à l’activité du consultant. Il peut s’agir de frais de prospection, d’abonnement internet ou bien encore de l’achat de fournitures.

Si les frais de mission ne sont pas pris en compte lors du calcul du salaire brut, les frais de fonctionnement peuvent en revanche être pris en compte sur le bulletin de paie du consultant. Les frais de fonctionnement ne sont pas soumis aux cotisations sociales ni même à l’impôt.

Ainsi, les frais de fonctionnement engagés peuvent être restitués au consultant à hauteur de 30 % du montant de son salaire brut et à condition qu’il puisse présenter des pièces justifiant ses dépenses.

Le pourcentage net perçu par le consultant

Finalement, une fois les frais de gestion et les charges sociales retirés, le consultant touche entre 45 et 50 % du montant facturé à ses clients.

Toutefois, le consultant en portage salarial bénéficie d’une rémunération minimale garantie et ce même si ses clients tardent à payer. Les relances sont en effet gérées par la société de portage et le salaire continue d’être versé même si un ou plusieurs clients n’ont pas encore réglé une facture.

Cette rémunération minimale garantie est calculée au prorata des heures travaillées selon le taux horaire minimum défini dans le contrat de travail du consultant. Le taux horaire doit au moins être égal au taux mentionné et classifié dans la convention collective du portage salarial auquel appartient le consultant. Les taux des salaires minima bruts sont recalculés et mis à jour chaque année.

Pour approfondir le sujet :

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