Tout savoir sur le montant et la nature des charges en portage salarial


Le statut de travailleur porté vous intéresse ? Vous souhaiteriez en savoir davantage sur le coût et les avantages de ce statut ?

Tout d’abord, sachez qu’au-delà de faciliter vos calculs de charges, le portage représente un ensemble d’avantages destinés à alléger votre gestion et à vous assurer des conditions de travail confortables. En effet, à la différence d’un freelance, le travailleur porté peut totalement se dédier à son métier, sans avoir à se préoccuper de la gestion administrative. C’est à la société de portage que cette tâche incombe.

Entre charges sociales, cotisations retraite, charges salariales et patronales, quelle proportion du chiffre d’affaires le travailleur porté va-t-il percevoir ? De quelle protection sociale les travailleurs indépendants portés peuvent-ils bénéficier ?

Découvrons ensemble les spécificités de ce statut juridique.

Faut-il dégager un certain chiffre d’affaires pour y prétendre ?

Généralement, une société de portage salarial exige un chiffre d’affaires minimum avant d’embaucher un nouveau consultant.

Il faut savoir que la société en question va devoir prendre en charge l’ensemble de la gestion administrative, fiscale et comptable de votre activité. Comme une entreprise classique le ferait pour un de ses employés, elle va facturer vos services. Il ne faut pas oublier que le travailleur porté est lié par un contrat. Il s’agira d’un CDD ou d’un CDI.

Voici quelques cotisations sociales dont l’entreprise doit s’acquitter pour chaque travailleur :

  • Assurance chômage.
  • Retraite complémentaire.
  • Assurance maladie.
  • CSG et CRDS.
  • Aide au logement.
  • Congés payés.

La liste n’est pas exhaustive mais elle vous montre bien que les charges sont les mêmes que pour un employé classique.

De fait, pour s’assurer d’une certaine rentabilité, ces sociétés attendent de leurs consultants qu’ils dégagent un chiffre d’affaires minimum. Il est d’ailleurs réglementé par la convention collective du portage salarial. Selon l’ancienneté au sein du dispositif, on entend du travailleur qu’il perçoive les salaires mensuels suivants :

  • Junior (moins de 3 ans) : 70 % du plafond de la sécurité sociale, soit un peu moins de 2 300 € brut.
  • Senior (plus de 3 ans) : 75 % du plafond de la sécurité sociale, soit un peu moins de 2 500 € brut.
  • Salarié porté facturant en forfait jour : 85 % du plafond de la sécurité sociale, soit un peu moins de 2 800 € brut.

Le salaire brut correspondant au chiffre d’affaires auquel les frais de portage ont été soustraits. 

Concrètement, le consultant débutant devra facturer un minimum situé aux alentours de 5 000 €/mois.

Le détail des charges retenues

Il faut savoir que l’ensemble des charges appliquées sont réglementées. Le seul point qui reste variable, c’est le montant des frais de gestion qu’appliquera l’entreprise. Ce taux peut varier de 5 % à 10 % selon les cas et les sociétés.

Voici l’exemple d’un cas concret pour vous éclairer davantage.

Facturation encaissée par la société 5 000 €
Frais de gestion 250 € (si 5 %)
Charges patronales 1 568 €
Salaire brut 3183 €
Charges salariales 656 €
Salaire net 2 527 €

Le bulletin de paie affichera donc un salaire net de 2 527 € pour un travailleur ayant généré 5 000 € de chiffre d’affaires. Il se peut qu’un micro-entrepreneur soit surpris par les charges engendrées quand lui n’a que peu de retenues sur son CA et peut bénéficier d’une exonération partielle.

Certes, mais le micro-entrepreneur doit se charger de tout gérer lui-même. Il doit à la fois assurer sa prospection, son travail, ainsi que sa gestion administrative. Il devra aussi tenir compte du fait qu’il ne bénéficiera pas d’allocations chômage en cas de perte d’activité… Alors qu’un indépendant porté y aura droit !

De même, l’entrepreneur freelance devra faire appel à un expert comptable pour s’assurer d’être correctement conseillé. Le consultant en portage bénéficie d’un accompagnement sur mesure, en plus de ne pas se soucier de l’aspect financier ni fiscal.

Là où la différence de statut est évidente, c’est au regard de la protection sociale et de la couverture maladie. Devenir consultant porté, c’est faire le choix de dépendre du régime général et de bénéficier de tous les avantages que cela suppose.

Quels avantages le travailleur en tire-t-il ?

Le premier avantage est bien évidemment la tranquillité. Il reçoit sa fiche de paie mensuelle. Il sait que les charges patronales et autres cotisations ont été réglée sans qu’il n’ait eu à s’en préoccuper. C’est l’assurance de se faire rémunérer en temps et en heure, sans avoir à craindre l’impayé et les procédures de recouvrement.

Délesté de cette charge de travail, le consultant peut entièrement se consacrer à son activité et à sa prospection.

L’autre avantage important, c’est l’adhésion à une entité permettant de se créer un réseau professionnel. Tout créateur d’entreprise court dans tous les sens pour se créer un réseau solide et s’assurer un maximum de visibilité. En faisant le choix du statut de travailleur porté, vous pourrez bénéficier des connexions professionnelles qui vous économiseront du temps de prospection.

À noter : dans le cas où la société joue le rapporteur d’affaires, il est possible qu’elle vous retienne un pourcentage en relation au contrat obtenu.

Il est également possible de jouer le rôle d’entremetteur. Dans le cas où vous apportez une affaire, vous pouvez bénéficier d’un pourcentage. Selon votre situation, il peut s’avérer rentable de ne pas courir après les clients pour optimiser votre temps de travail. N’oubliez pas que votre salaire dépend malgré tout de votre CA (le calcul du salaire en dépend) comme c’est le cas pour un travailleur indépendant.

Est-il possible de déduire des frais professionnels ?

Le statut de micro-entrepreneur, par exemple, ne prévoit rien en ce sens. Pour le portage, il en est autrement.

Si en tant que consultant indépendant, vous êtes amené à engager des frais professionnels, sachez que leur prise en charge est prévue par le portage. Cette déduction est signifiée sur le bulletin de salaire. Cet abattement vous permet de ne pas vous soucier de ces détails. Votre rémunération nette tiendra compte de ces frais déductibles.

Certes, ce statut engendre une rémunération mensuelle nette moins élevée mais il octroie beaucoup plus de souplesse. La différence entre le micro-entrepreneur et le salarié porté est évidente à ce niveau. Cela représente les avantages de travailler dans une entreprise, tout en étant maître de sa barque.

De plus, le seul lien de subordination qui existe tient avant tout au respect du prévisionnel. En clair, si le salarié porté n’atteint pas ses objectifs de CA, il peut subir une rupture de contrat. Mis à par ce point, le salarié est son propre patron.

Avoir son entreprise est gratifiant, mais peut s’avérer très stressant, même dans le cas de petites entreprises.

L’assurance d’être bien protégé

Si vous souhaitez vous lancer dans le travail indépendant, mais que la gestion des charges patronales et salariales vous effraie, peut-être devriez-vous vous poser la question de comment devenir travailleur porté.

Le cumul des avantages sociaux, une excellente indemnisation en cas de maladie ou d’accident du travail, des cotisations retraite au statut cadre, des indemnités chômage en cas de rupture de contrat… autant d’arguments susceptibles de vous séduire.

Devenir freelance peut s’avérer compliqué. Comment trouver des clients pour assurer son activité ? Devrez-vous travailler à temps plein ou à temps partiel ? Comment se faire accompagner juridiquement ? Comment calculer son tarif journalier et son taux horaire ? Et pour quel salaire ?

Créer son entreprise est un challenge. Le portage est une option bien plus sûre :

  • Remboursement des frais.
  • Cotisations Assedic et URSSAF prises en charge.
  • Un salaire mensuel.
  • Une fiche de paie mensuelle.
  • Pas de cotisation au RSI.
  • Couverture sociale égale à celle d’un employé.
  • Une activité professionnelle sur mesure.

Autant de points qui rendent le portage salarial bien plus avantageux que créer une entreprise.

À noter : tout ceci n’est valable que dans le cadre de prestations de services ou de consulting.

Pour approfondir le sujet :

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