Intérim, ESN, Portage salarial : Quelles différences de coûts pour les entreprises?

Publié le jeudi 24 février 2022 par Anne-Fleur Carabin

La progression des modes de recrutement externes se confirme depuis la crise sanitaire.

Le besoin d’adaptation des entreprises a favorisé le recours aux ressources externes afin de compléter les compétences internes d’une entreprise.

La flexibilité est devenue un critère essentiel pour maintenir l’activité des entreprises sans compromettre leur pérennité.

Le secteur de l’informatique est un exemple très parlant des compétences recherchées par les entreprises. Le manque de compétences dans ce domaine peut en effet gravement affecter le fonctionnement d’une entreprise.

Dépannage, maintenance, réparation, développement informatique ou analyse, la liste des spécialités recherchées est longue dans le domaine de l’informatique.

Si la plupart des entreprises disposent d’un service informatique interne, certaines préfèrent avoir recours à des spécialistes externes qui interviennent ponctuellement.

Parmi les principaux modes de recrutement externes dans ce secteur : le portage salarial, les agences d’intérim et les ESN (Entreprise de Service Numérique) arrivent en tête de liste.

Choisir le meilleur intermédiaire n’est pourtant pas toujours chose aisée pour les entreprises dont l’une des premières préoccupations est d’avoir recours à un spécialiste tout en maîtrisant leur budget.

Alors, ESN, intérim ou portage salarial, quels sont les différents coûts de ces dispositifs ? Explications.

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Agence de travail temporaire : les coûts de l’intérimaire pour une entreprise cliente

Le travail intérimaire vise le recrutement de salariés par une entreprise tierce au profit d’une entreprise utilisatrice.

L’entreprise tierce est l’agence intérimaire ou “agence de travail temporaire” (ETT) qui doit fournir le meilleur profil à l’entreprise utilisatrice selon les besoins de cette dernière.

Dans ce sens, le Code du travail dispose que “Le recours au travail temporaire a pour objet la mise à disposition temporaire d’un salarié par une entreprise de travail temporaire au bénéfice d’un client utilisateur pour l’exécution d’une mission.” (article L1251-1 Code du travail).

Le contrat d’intérim est un moyen intéressant de recruter la main-d’œuvre manquante pour les entreprises car l’intervention est ponctuelle et les salariés recrutés sont qualifiés pour des missions précises.

Bien que l’entreprise de travail temporaire (ETT) soit l’employeur du salarié, le recrutement entraîne des coûts à la charge de l’entreprise utilisatrice.

Concrètement, le coût d’un intérimaire se calcule de la façon suivante :

Taux horaire X Nombre d’heures X Coefficient intérim (ou coefficient de facturation) = Tarifs TTC.

Le taux horaire d’un intérimaire est fixé par la loi. Au 1er janvier 2022, le taux horaire est de 10,57 euros brut de l’heure.

Le coefficient intérimaire est librement fixé par chaque entreprise de travail temporaire. Il permet de couvrir tous les coûts qui incombent à l’employeur. Ce taux varie généralement entre 1,71 et 2,5 selon le profil recherché, la difficulté de l’emploi et/ou du taux horaire de l’intérimaire.

Le coefficient est un élément important du coût total de l’intérimaire pour une entreprise utilisatrice car il tient compte de plusieurs éléments dont notamment :

  • les charges sociales,
  • la marge pour la réalisation de la mise en relation du travailleur avec le client,
  • la gestion du contrat du travailleur,
  • sa formation,
  • le versement du salaire.

A titre d’exemple, pour une mission à temps plein sur un mois, au taux horaire minimum et en appliquant un coefficient de 2.5, le salaire brut total se calcul de la façon suivante :

  • 10,57 X 151,67 X 2,5 = 4007,88 euros brut.

ESN : les coûts d’un consultant pour une entreprise cliente

Les ESN (Entreprise de Service Numérique) sont des entreprises qui recrutent des consultants en informatique salariés pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises clientes.

Encore parfois connues sous le nom de SSII (Société de Services en Ingénierie Informatique) elles développent et mettent à disposition des outils numériques.

Recruter des consultants par le biais des ESN est intéressant pour les entreprises car les missions sont variées : conseil système d’information, formation sur les nouvelles technologies et numériques, maintenance d’infrastructure d’information etc.

Les coûts d’un consultant en ESN doivent pour autant être pris en compte car la facturation est particulière.

L’entreprise cliente d’une ESN rémunère celle-ci selon différents modes de facturation :

  • Au forfait, c’est-à-dire que la facturation tient compte du Taux Journalier Moyen
  • A la Tierce Maintenance Applicative (TMA), c’est-à-dire l’infogérance d’une application ou d’un logiciel,
  • A la prestation, pour les missions courtes.

La facturation prend en compte le tarif journalier du consultant et doit couvrir l’ensemble des frais de structure que représente l’Entreprise de Service Numérique. Le coût d’un consultant ESN peut donc vite augmenter.

En effet,  généralement, un consultant informatique salarié coûte à l’ESN le montant d’un salaire brut augmenté de 50% à 60% avec les charges sociales.

Par ailleurs, les ESN visent à réaliser une marge brute de  20% à 40%.

A titre d’exemple, un consultant développeur dont les tarifs journaliers se situent entre 500 et 700 euros hors taxes (HT) peut revenir à un prix de vente journalier minimum de 600 à 840 euros HT en appliquant une marge de 20% de l’ESN.

Le prix final d’une prestation pour l’entreprise cliente dépend en grande partie de la négociation entre l’ESN et le consultant.

Portage salarial : les coûts d’un consultant porté pour une entreprise cliente

Le dispositif du portage salarial est régi par une relation tripartite entre :

  1. la société cliente
  2. le salarié/consultant porté
  3. la société de portage salarial

(article L1254-1 Code du travail).

L’entreprise de portage salarial ayant pour rôle la gestion de l’activité du consultant porté, elle réalise toutes les obligations qui incombent normalement à l’employeur à savoir :

  • La  recherche du profil en phase de recrutement,
  • L’entretien d’embauche,
  • Les formalité administratives liées à l’embauche,
  • La formation,
  • La délivrance des bulletins de paie,
  • La gestion des cotisations sociales et fiscales.

L’entreprise cliente ayant recours à un consultant porté n’occasionne aucune dépense pour le recrutement d’un profil qualifié, qu’il s’agisse de la phase de recrutement ou de la phase d’embauche.

Par ailleurs, c’est au consultant de supporter les diverses charges liées à l’exercice de son activité indépendante :

  • Les charges patronales
  • Les charges salariales
  • Le prix des frais de gestion
  • Les  autres contributions dues par l’employeur

Le dispositif est donc particulièrement intéressant pour une entreprise cliente puisqu’il n’implique pas de coûts supplémentaires.

Seules les prestations réalisées par le consultant porté sont facturées à l’entreprise cliente.

Par ailleurs, le consultant porté et l’entreprise cliente peuvent négocier les tarifs des prestations.

Enfin, le portage salarial offre l’avantage à l’entreprise cliente de ne pas impacter sa masse salariale puisque le consultant porté n’est pas un salarié de l’entreprise.

Textes de référence :

  • article L1251-1 Code du travail
  • article L1254-1 Code du travail
Anne-Fleur Carabin

Directrice d’AD’Missions et passionnée par la transformation du monde du travail, ma mission est d’accompagner nos consultants, par l’intermédiaire du portage salarial. C’est un mode de travail différent qui est adapté à l’entreprise d’aujourd’hui, organisée en mode « projet ». Vous souhaitez échanger sur vos projets ? Rencontrons-nous !

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