Taux Journalier Moyen

Mis à jour le mardi 16 mai 2023
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Un freelance est un professionnel qui exerce son activité de manière indépendante. Il prospecte ses propres clients et choisit ses missions, puis il émet des factures pour sa prestation. Passer du statut de salarié à freelance, en micro entreprise, en portage salarial ou sous une autre forme juridique, soulève un certain nombre d’interrogations. Consultant en informatique, développeur logiciel, data scientist, rédacteur web ou conseiller en stratégie digitale, tous les profils sont concernés par la question de la rémunération.

Quel que soit le domaine d’activité, l’objectif est d’être rentable tout en restant suffisamment concurrentiel pour séduire ses potentiels prospects.

Quels tarifs pratiquer pour ses missions ? Comment négocier ses prix en euros ? Faut-il facturer à l’heure, à la journée ou au projet ?

 Le Taux Journalier Moyen, ou TJM, est le modèle économique le plus utilisé par les indépendants pour fixer leur salaire.

Femme travaille sur un bureau et utilise une calculatrice

Qu’est-ce que le TJM (Taux Journalier Moyen) ?

Le tarif journalier moyen (TJM) désigne le tarif de la prestation d’un consultant indépendant, facturé à son client à la journée. Il est exprimé en hors taxe (HT).

Le tarif journalier moyen est multiplié par le nombre de jours de travail et correspond donc au salaire mensuel du salarié porté. Le TJM est très important pour le consultant, car il permet de calculer un salaire net en euros.

Il s’agit d’un “ taux moyen ”, car le taux peut varier en cas de journées supplémentaires de travail telles que les dimanches, jours fériés, etc.

La facturation au forfait correspond à une obligation de résultat c’est-à-dire que la prestation doit répondre à un objectif précis. Le TJM correspond à une obligation de moyen.

Il faut bien garder à l’esprit que le travailleur indépendant ne peut pas compter sur les avantages financiers propres au salariat comme les congés payés, les heures supplémentaires ou les primes. Un certain nombre d’éléments doivent donc être intégrés au calcul du TJM, même s’ils ne sont pas directement liés à une prestation particulière :

  • La prospection : un freelance doit toujours être à la recherche de nouveaux clients, même lorsqu’il n’a pas besoin de missions immédiatement. Cette tâche, bien que chronophage, permet d’anticiper la perte d’activité, de mieux cibler son client idéal, de développer son activité sur le long terme et de gagner en stabilité financière ;
  • La relation client : un client content du travail exécuté est à même de proposer davantage de missions et de recommander son prestataire auprès de son entourage. Pour un freelance, le relationnel est primordial pour s’assurer un flux continu de projets et éviter les malentendus ;
  • La comptabilité : le freelance a une obligation légale de faire ses comptes et de pouvoir fournir un bilan financier à tout moment. Il est donc indispensable de consacrer du temps chaque mois au suivi de son activité et à la facturation ;
  • Les périodes d’inactivité : les jours non travaillés ne rapportent pas d’argent au prestataire indépendant. Il devra intégrer des congés payés dans son TJM s’il souhaite se reposer quelques semaines dans l’année, mais aussi anticiper des arrêts maladie éventuels ;
  •  Les charges : selon le statut juridique choisi, les freelances doivent s’acquitter de charges sur leur chiffre d’affaires.

 

ADM - Guide TJM

 

Comment définir son TJM  freelance ? Les critères : Évaluer la nature, le temps de la mission et le client auquel on s’adresse

Estimer le temps des missions est un critère important pour évaluer au plus juste le TJM.

En effet, les freelances ont un rythme différent de celui des salariés classiques puisqu’ils doivent prendre en considération leur temps de gestion administrative, leur temps de gestion, les weekends et les jours fériés ainsi que la durée de leurs congés.

Quelle est la nature de la mission ? 

Selon ses compétences et son expérience, un consultant doit être capable de moduler son TJM en fonction de la nature des missions qui lui sont confiées. Il doit alors établir un tarif plancher, en dessous duquel il ne descendra pas, mais il doit aussi mettre en place une grille tarifaire au cas par cas. Cela peut, par exemple, prendre en compte :

  • L’urgence de la mission ;
  • Les enjeux de la mission ;
  • La complexité de la mission ;
  • La valeur ajoutée qui sera apportée au client par le consultant (le retour sur investissement) ;
  • Les frais de mission, comme les repas, les achats variés, les déplacements…

Finalement, le client recherche un investissement valable, qui lui rapporte. Il faut donc fixer le TJM en fonction du rapport coût/efficience, pour qu’il soit avantageux pour tout le monde.

Quelle est la durée de la mission ? 

Un consultant est souvent amené à réaliser des missions très variées, tant sur la prestation que sur la durée. Une mission récurrente, sur plusieurs mois, voire plusieurs années, peut être l’occasion de proposer de lisser le TJM à l’avantage du client. Cela reste malgré tout intéressant pour le consultant, qui s’assure une mission très régulière, et donc des revenus réguliers et sûrs, sur une longue période.

À l’inverse, une mission de quelques heures ne s’envisage pas dans la durée, et doit être perçue différemment.

A quel client s’adresse-t-on ?

Bien que certains puissent juger cela discriminatoire, fixer son TJM en fonction du client est pourtant très logique. Une grande multinationale n’a, de toute évidence, pas les mêmes moyens qu’une association de quartier, par exemple. La grille tarifaire doit ainsi prendre en compte la taille de l’entreprise cliente, de ses besoins et de ses problématiques. Sans tomber dans des extrêmes, le consultant doit établir un tarif journalier qui s’adapte au client, tout en garantissant la même qualité de prestation.

Les éléments pour fixer son salaire

Les besoins du consultant pour calculer son TJM

Les besoins personnels et professionnels du consultant sont à prendre en compte. Travailler en tant qu’indépendant demande d’anticiper quelques dépenses liées, ou non, à l’activité professionnelle.

  • Les jours ouvrés : l’avantage du freelance, c’est qu’il peut travailler quand il veut. Il doit donc pouvoir estimer la durée de son temps de travail pour chaque mission, et calculer ainsi ses jours ouvrés ;
  • Les « congés payés » : un consultant indépendant ne bénéficie pas de congés payés, dans la mesure où les jours non travaillés sont tout simplement des journées sans revenu. Il faut donc prendre en compte le besoin de repos et de vacances non rémunéré à l’année, et compenser cette « perte » en l’incluant dans le TJM ;
  • Les périodes creuses : un professionnel ne consacre jamais 100 % de son temps à réaliser des tâches rémunérées. Que ce soit l’administratif, la prospection, les temps de trajet, tout doit être pris en compte et inclue dans le calcul du prix à la journée du consultant ;
  • Les charges fixes : un consultant indépendant est soumis à des charges fixes mensuelles, trimestrielles ou annuelles (impôts, charges sociales…) qu’il est important de compter dans son TJM ;
  •  Les frais professionnels : quelle que soit l’activité, un consultant est toujours amené à devoir faire des dépenses pour son entreprise. Que ce soit de l’achat de matériel, des abonnements, des formations, des transports… Tout doit être pris en compte dans le prix de son TJM.

Comment augmenter son TJM ? 

Lorsqu’un travailleur indépendant commence il a tendance à fixer son TJM freelance un peu bas en début d’activité. De ce fait, à un moment il devra donc augmenter le tarif de son TJM. Mais attention cela doit être justifié pour ne pas faire fuir vos clients. 

Les différentes raisons d’une augmentation de votre TJM : 

  • Augmentation de vos compétences : vous avez augmenté vos compétences grâce à des formations ce qui vous permet de proposer plus de services.
  • Spécialisation dans un domaine particulier : vous êtes donc expert dans ce domaine, ce qui peut réduire la concurrence et vous permet donc d’augmenter vos tarifs. 
  • Vous représentez une plus-value pour l’entreprise : vos prestations représentent une réelle valeur ajoutée pour votre client notamment en lui faisant gagner du temps ou en développant son chiffre d’affaires ou encore en lui faisant gagner des clients. 
  • Un client vous soumet une demande particulière : une demande urgente ou il a besoin de compétences particulières, vous pourrez alors revoir le prix de votre prestation. 

Toutefois, il est peut-être difficile de fixer au mieux son seuil de rentabilité lorsque l’on travail de son domicile. Pour le calcul du TJM net, il est important de déduire toutes les charges sociales ou les charges de fonctionnement afin de déterminer au mieux le bon TJM.

Son TJM dans le cadre du portage salarial

Le calcul du TJM pour un consultant en portage salarial reste le même que pour tout autre indépendant. Il devra prendre en compte les mêmes critères lors des négociations avec l’entreprise de portage salarial. Il devra ainsi prendre en considération les charges sociales, auxquelles devront s’ajouter les charges salariales, les charges patronales, et les frais de gestion.

Si le TJM du consultant porté salarié est ainsi bien souvent plus élevé que la moyenne, le professionnel s’assure le confort et la sécurité du statut.

Si vous hésitez encore sur votre tarif journalier en tant que consultant, n’hésitez pas à faire une simulation de votre TJM en ligne.

Zoom sur les frais de gestion : quels sont les bénéfices pour le salarié porté ?

Les frais de gestion sont un élément central du TJM du salarié porté, car il représente en moyenne de 5 à 10 % du chiffre d’affaires du consultant.

Les frais de gestion sont prélevés par la société de portage pour rémunérer les services délivrés aux consultants dans le cadre de son activité à savoir :

  • La gestion administrative de l’activité du consultant : facturation, relances, etc.
  • L’avance de salaire.
  • L’accompagnement personnalisé du consultant dans l’évolution de son activité.
  • L’assistance juridique en cas de litige avec l’un de ses clients.
  • L’accès au réseau professionnel de la société de portage.
  • L’accès à la formation professionnelle.
  • Une assurance de responsabilité civile professionnelle.

Le consultant doit être vigilant lors de l’estimation de son TJM, car les frais de gestion varient selon la société de portage salarial choisie et tiennent également compte de l’ancienneté et du montant du chiffre d’affaires du consultant.

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