Taux Journalier Moyen

Mis à jour le Friday, September 24, 2021

Un freelance est un professionnel qui exerce son activité de manière indépendante. Il prospecte ses propres clients et choisi ses missions, puis il émet des factures pour sa prestation. Passer du statut de salarié à freelance, en micro entreprise, en portage salarial ou sous une autre forme juridique, soulève un certain nombre d’interrogations. Consultant en informatique, développeur logiciel, data scientist, rédacteur web ou conseiller en stratégie digitale, tous les profils sont concernés par la question de la rémunération. Quel que soit le domaine d’activité, l’objectif est d’être rentable tout en restant suffisamment concurrentiel pour séduire ses potentiels prospects. Quels tarifs pratiquer pour ses missions ? Comment négocier ses prix ? Faut-il privilégier une facturation à l’heure, à la journée ou au projet ? Le Taux Journalier Moyen, ou TJM, est le modèle économique le plus utilisé par les indépendants pour fixer leur salaire. Faisons le point sur ce mode de calcul. 

Femme travaille sur un bureau et utilise une calculatrice

Définition

Le Taux Journalier Moyen, ou TJM, correspond au montant moyen hors taxe qu’un freelance facture par jour travaillé. Ce tarif à la journée peut paraître d’une simplicité extrême à calculer, mais il s’avère assez complexe en réalité. Il faut bien garder à l’esprit que le travailleur indépendant ne peut pas compter sur les avantages financiers propres au salariat comme les congés payés, les heures supplémentaires ou les primes. Un certain nombre d’éléments doivent donc être intégrés au calcul du TJM, même s’ils ne sont pas directement liés à une prestation particulière :

  • la prospection : un freelance doit toujours être à la recherche de nouveaux clients, même lorsqu’il n’a pas besoin de missions immédiatement, car cette tâche, bien que chronophage, permet d’anticiper la perte d’activité, de mieux cibler son client idéal, de développer son activité sur le long terme et de gagner en stabilité financière ;
  • la relation client : un client content du travail exécuté est à même de proposer davantage de missions et de recommander son prestataire auprès de son entourage, pour un freelance, le relationnel est primordial pour s’assurer un flux continu de projets et éviter les malentendus ;
  • la comptabilité : le freelance a une obligation légale de faire ses comptes et de pouvoir fournir un bilan financier à tout moment, il est donc indispensable de consacrer du temps chaque mois au suivi de son activité et à la facturation ;
  • les périodes d’inactivité : les jours non travaillés ne rapportent pas d’argent au prestataire indépendant, il devra intégrer des congés payés dans son TJM s’il souhaite se reposer quelques semaines dans l’année, mais aussi anticiper des arrêts maladie éventuels ;
  • les charges : selon le statut juridique choisi, les freelances doivent s’acquitter de charges sur leur chiffre d’affaires.

FAQ

Quels critères prendre en considération pour définir son TJM ?

Le taux journalier moyen correspond à la somme des revenus et des besoins financiers du freelance. Une estimation de ses objectifs personnels ou l’ancien salaire obtenu en entreprise permettent d’avoir une idée de son montant, mais d’autres critères doivent être analysés en détail avant de le calculer.

Analyser le marché

Avant de définir son Taux Journalier Moyen, il convient de faire quelques recherches sur les prix du marché dans son domaine d’activité. Pour certains métiers, la concurrence peut être forte. Il faut donc savoir se démarquer sans pour autant perdre de la crédibilité avec un salaire trop bas ou faire fuir les potentiels clients avec un salaire trop important. Il existe plusieurs options pour réaliser une veille concurrentielle efficace afin de proposer des tarifs qui correspondent à l’offre et à la demande :

  • poser des questions aux autres freelances de son entourage ;
  • se renseigner sur les forums spécialisés ou les groupes d’échanges entre professionnels sur les réseaux sociaux ;
  • consulter et comparer les profils similaires sur les plateformes de freelances ;
  • se servir des barèmes moyens indiqués par certaines plateformes en fonction de ses prestations.

Déterminer ses compétences et son niveau d’expertise

Un consultant junior n’est pas en mesure de facturer les mêmes montants qu’un concurrent plus expérimenté. Le nombre d’années d’expérience influe sur le TJM, au même titre que le niveau d’étude, les certifications et les compétences professionnelles spécifiques. Plus les services proposés sont rares, plus la facturation de la prestation peut être onéreuse. Tous ces paramètres représentent une valeur ajoutée qui doit être prise en considération dans les tarifs. Toute la difficulté du calcul du taux journalier réside dans l’évaluation objective de son travail, mais aussi de la technicité, la durée, la complexité ou une forte responsabilité des missions.

Comment estimer les frais liés à l’activité ?

Les cotisations sociales

Les cotisations sociales varient selon le statut juridique du prestataire indépendant : EI, EURL ou SASU. Ils permettent d’avoir accès à une certaine protection sociale (assurance maladie, allocations chômage, etc.) ou à une couverture en cas de cessation d’activité et de faillite. Elles sont calculées sur le montant du chiffre d’affaires et prélevées tous les mois ou chaque trimestre. Le taux de cotisations sociales versé à l’URSSAF s’élève à 22 % en micro entreprise.

Les assurances

Les freelances n’ont pas d’assurance professionnelle obligatoire, mais selon le statut juridique, leur couverture sociale peut s’avérer médiocre. Une ou plusieurs assurances complémentaires sont donc fortement recommandées pour couvrir les risques liés à l’activité. Trois types de couvertures peuvent être envisagées, il convient de comparer les offres pour choisir les plus adaptées en fonction de sa situation et de son budget :

  • l’assurance de ses biens, comme les locaux, un véhicule ou le matériel informatique ;
  • la prévoyance, comme une assurance maladie, une mutuelle ou la retraite complémentaire ;
  • la responsabilité civile professionnelle ou la garantie décennale.

Les frais professionnels

Certains frais professionnels sont inhérents à l’activité de freelance et doivent être intégrés dans le calcul du Taux Journalier Moyen :

  • les frais de fonctionnement regroupent les frais bancaires, les abonnements téléphoniques, les fournitures, le matériel, les logiciels informatiques, etc. ;
  • les frais de mission sont engagés lors de la réalisation des prestations : les frais de bouche, de déplacement ou d’hébergement.

Comment définir son temps de travail ?

Le freelancing offre une grande liberté dans l’organisation des tâches quotidiennes, mais il faut bien garder à l’esprit que chaque jour de l’année n’est pas un jour de travail effectif, consacré à l’exécution des missions. Le taux Journalier Moyen doit être en mesure de compenser le temps d’inactivité pendant lequel aucun chiffre d’affaires n’est généré :

  • les week-ends ;
  • les jours fériés ;
  • les congés annuels ;
  • le temps consacré à l’administratif et à la prospection.

En se basant sur un temps plein classique de 5 jours par semaine, il convient de déduire, en fonction des années, un peu plus de 100 jours pour les week-ends et 8 à 10 jours fériés. Une base de 250 jours ouvrés par an sur 365 constitue une bonne moyenne. Une estimation de 30 jours par an pour les vacances et quelques jours d’arrêt maladie potentiels, soit 25 jours de congés et 5 jours off, permet d’obtenir un total est de 220 jours par an, sur lesquels un temps de prospection et de gestion moyen de 40 % du temps doit être appliqué. Le temps de travail effectif correspond donc, dans ce cas précis, à 60 % de 220 jours, soit 132 jours de travail effectif par an.

Mise en situation avec un exemple de calcul d’un TJM

Corentin, 30 ans, est un administrateur de base de données en informatique. Son emploi salarié lui rapporte 2 800 euros net par mois et il souhaite lancer son activité freelance. Il compare les offres des autres indépendants dans son domaine d’activité sur les plateformes de freelance et s’informe sur la plateforme Malt qui indique un TJM moyen de 386 euros par jour pour son métier avec une fourchette large allant de 268 à 529 euros selon le niveau d’expérience. Corentin a 4 années d’expérience et il réside en région parisienne. En fonction de ces paramètres, il pense pouvoir vendre ses prestations à un prix relativement proche du salaire moyen. Il a bien conscience qu’en facturant ses services trop chers, il aura plus de difficulté à trouver ses premiers clients. Il vise un salaire mensuel de 3 500 euros.

Pour calculer son TJM, il procède à une simple addition de toutes ses sources de dépense à son salaire de référence :

  • 22 % pour les charges sociales pour un statut micro entrepreneur : + 770 euros ;
  • 14 % pour les impôts : + 490 euros ;
  • 10 % de frais professionnels : + 350 euros ;
  • une mutuelle : + 40 euros ;
  • une RC pro : + 35 euros.

Il obtient un total de 5 185 euros de chiffre d’affaires par mois. Il calcule alors son temps de travail effectif en déduisant les week-ends, les congés et compte 225 jours ouvrés par an. Il soustrait de ce total 40 % de temps dédiés à la gestion de son activité et à la prospection de clients. Il part donc sur une base de 135 jours travaillés par an, soit environ 14 jours de travail effectif par mois, vacances et jours off en moins. Il divise son chiffre d’affaires visé par le nombre de jours de travail mensuel estimé, soit 5185/14 et obtient un TJM de 370 euros, ce qui correspond plutôt bien à la fourchette de prix qu’il avait observé pendant son étude concurrentielle. Afin d’y voir plus clair, il souhaite connaître son THM, ou Taux Horaire Moyen en divisant son TJM par 8 heures de travail par jour, soit un tarif horaire de 46,30 euros.

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