Les femmes dans l’univers du freelance


Dans l’emploi en général, les femmes restent sous-représentées. Elles font notamment face à des écarts de rémunération en partie inexpliqués, et font de plus en plus le choix du statut de freelance. Celui-ci leur permet de cumuler des activités, répondant ainsi à divers problèmes quotidiens. C’est pourquoi celui-ci apparaît aujourd’hui comme une méthode boostant l’emploi féminin. Paradoxalement, l’exercice d’activités en tant qu’indépendantes les sécurise financièrement, en plus de donner du sens à leur quotidien professionnel.

Un levier de l’emploi féminin

Aujourd’hui, on estime qu’environ 70 % des freelances sont des hommes, pour 30 % de femmes. Pourtant, cette proportion est en pleine hausse. D’après une étude, le nombre de femmes entrepreneures aurait augmenté de 80 % entre 2014 et 2017, et le freelancing est régulièrement perçu comme un levier pour développer l’emploi des femmes.

Station F, le plus grand campus de start-up au monde et création de Xavier Niel, a affirmé que 40 % des créateurs de start-up étaient déjà des créatrices. « À l’heure actuelle, on estime que seuls 17 % des métiers sont jugés mixtes (avec une répartition de chaque sexe comprise entre 40 et 60 %). »

Les femmes décrochent davantage de postes à temps partiel que les hommes. Il n’est pas rare qu’elles cumulent deux ou trois emplois, et parfois même davantage. Or, à une période où le sacro-saint contrat à durée indéterminée (C.D.I.) est remis en cause, le format du freelancing apparaît presque comme une évidence pour l’emploi des femmes.

Parmi les motivations des femmes à devenir freelance, on retrouve des raisons personnelles comme professionnelles. Le freelancing permet de s’organiser comme on l’entend entre vies personnelle et professionnelle. Un besoin de reconnaissance et de faire ses preuves est largement énoncé. Dans l’ensemble, 69 % des femmes estiment que le lancement de sa propre entreprise est plus valorisant que d’être salariée.

Des coups de pouce pour des femmes, par des femmes

Bien sûr, le choix du travail non salarié ou indépendant n’est pas l’apanage de la gent féminine. Mais des initiatives spécifiques les aident à faire entendre leur voix.

Parmi elles, on peut citer les réseaux souvent d’envergure nationale, comme Co-Women ou Femmes Entrepreneurs. À noter que ces réseaux visent avant tout à encourager l’entrepreneuriat des femmes, mais ne sont pas toujours non mixtes.

Il existe aussi des initiatives plus ponctuelles, comme celle de la fédération nationale des labels indépendants, une association portée dans le secteur musical. Celle-ci a lancé en 2019 un programme visant à accompagner spécifiquement la création de réseaux musicaux féminins (ils représentent actuellement moins de deux labels sur 10).

Un dernier exemple vient de Force Femmes, une association proposant d’accompagner un retour à l’emploi des femmes, notamment en proposant des formations gratuites sur la recherche d’emplois. Le mouvement a lancé « Ma Boîte » en 2018, qui visait à accompagner des femmes dans l’entrepreneuriat.

Comme ces messieurs, les femmes sont de plus en plus nombreuses à faire le choix de devenir freelance : parmi les deux sexes confondus, on estime que 64 % des freelances le sont par choix. Et les femmes comme les hommes ont ensuite la possibilité de valoriser leur ancienne vie de salariée.

Les points-clés à retenir des femmes freelances :
– Les femmes sont encore sous-représentées dans l’emploi en général.
– Le freelancing apparait cependant comme une piste pour booster leur représentativité. D’ici quelques années, des catégories de l’entrepreneuriat comme les métiers du digital pourraient devenir des fers de lance de l’emploi féminin.
– Diverses initiatives vont dans ce sens. Bien souvent, elles sont le fruit d’associations.

Et pourquoi pas envisager le portage salarial également ?

Newsletter