Reconversion professionnelle

Mis à jour le Friday, September 24, 2021

De nos jours, rares sont les salariés ou les freelances qui exercent le même métier tout au long de leur vie. L’évolution permanente du marché français et international, l’accent mis sur les envies personnelles de chacun et la volonté de rapidement gagner en responsabilité conduisent en effet les travailleurs à changer d’entreprise fréquemment, voire à prendre une tout autre voie professionnelle

La reconversion professionnelle n’a donc probablement jamais été aussi tendance, là où elle pouvait encore être mal perçue il y a quelques années. Mais tout le monde sait-il exactement en quoi consiste cette reconversion, quelles en sont les implications, et comment la mettre en place ? Pas si sûr ! Voilà pourquoi nous allons nous attarder sur ce concept dans les lignes qui suivent.

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Définition

Il est à priori assez simple de comprendre ce qu’est la reconversion professionnelle, puisqu’on peut la définir comme une situation dans laquelle un individu entame une démarche dans l’objectif de changer de métier. Elle peut concerner n’importe qui, qu’il s’agisse d’un salarié du secteur privé, d’un agent de la fonction publique, d’un travailleur indépendant ou d’un demandeur d’emploi, et dans tous les domaines d’activité (métiers de l’artisanat, de l’agriculture, du digital, de la finance, etc.).

Cependant, il ne faut pas confondre la reconversion professionnelle avec les formations destinées à briguer un poste plus qualifié ou offrant plus de responsabilités. En effet, la reconversion consiste à changer drastiquement d’orientation professionnelle, et non à monter en grade au sein d’une entreprise, à être muté ou encore à se voir attribuer un nouveau portefeuille de clients.

Néanmoins, il est tout à fait possible d’envisager une reconversion tout en restant salarié de la même entreprise, par exemple en passant de gestionnaire du personnel à développeur web ou de manager logistique à chef de projet digital.

FAQ

Aux yeux de nombreuses personnes, la reconversion professionnelle représente une opportunité de changer de vie. Pourtant, ce tournant dans la carrière peut aussi s’avérer quelque peu effrayant et poser de nombreuses questions. Voici donc quelques réponses à celles que l’on se pose fréquemment lorsque l’on envisage de changer de métier.

Pourquoi se reconvertir sur le plan professionnel ?

Les raisons qui incitent les salariés, les freelances ou les personnes en recherche d’emploi à changer de métier sont très diverses. Elles peuvent émaner de souhaits profondément personnels ou répondre à des problématiques professionnelles. Voici les principales raisons évoquées par les personnes qui décident de passer le cap :

  • le métier exercé actuellement ne correspond plus à leurs valeurs ;
  • les horaires et les contraintes deviennent trop pesants, et ont par exemple un impact nuisible sur leur vie personnelle ;
  • le diplôme obtenu ou la formation initiale n’est plus en phase avec les besoins sur le marché de l’emploi ;
  • le désir de vivre de leur passion devient un impératif, pour concrétiser des rêves et faire passer le plaisir d’aller au travail avant toute chose ;
  • le salariat ne leur correspond plus et l’envie d’entreprendre, d’être indépendant et de laisser leur créativité s’exprimer remplace le besoin de stabilité ;
  • leur métier n’offre pas d’opportunités d’évolution suffisamment intéressantes ou ne leur permet pas d’atteindre le niveau de vie souhaité ;
  • l’envie continuelle d’apprendre les encourage à se tourner sans cesse vers de nouveaux horizons, à explorer d’autres secteurs d’activité, à découvrir nouvelles manières de travailler, etc.

Chaque personne a donc ses propres raisons d’envisager une transition vers un nouveau métier, en fonction de ses propres envies, de ses domaines de prédilections, de sa formation, du mode de vie qu’elle souhaite mener, etc.

Comment être sûr de faire le bon choix pour son nouveau métier ?

La reconversion professionnelle n’est pas toujours une décision à prendre à la légère. Si, sur le papier, certains métiers font rêver, la réalité est parfois tout autre. S’imaginer en tant qu’agent de voyage testant de splendides destinations lorsque l’on travaille toute la journée dans un bureau est en effet plutôt attirant. Mais il ne faut pas oublier que chaque profession dispose de ses contraintes, requiert des compétences spécifiques et nécessite quelques années d’expérience avant d’atteindre le poste « idéal ».

C’est pourquoi il est important de se bien se renseigner avant de quitter son CDI ou de cesser son activité. Plusieurs questions doivent être étudiées avant de mettre en place concrètement le projet de changement de carrière et de vie.

  1. Le secteur d’activité concerné est-il porteur ou y a-t-il un risque que le marché de l’emploi et les opportunités entrepreneuriales se tarissent rapidement ?
  2. Existe-t-il des formations accessibles pour acquérir les compétences nécessaires pour exercer ce nouveau métier, et sont-elles en présentiel ou à distance ?
  3. Quelle est la variation de revenus à prévoir entre l’emploi actuel et la nouvelle activité ?
  4. Quel impact aura cette nouvelle profession sur la vie quotidienne (horaires, responsabilités, vacances, etc.) ?
  5. La reconversion professionnelle est-elle envisagée comme une fuite ou est-elle réellement motivée par un besoin ou une envie profonde ?

En faisant face à ces interrogations, on peut déjà fait mûrir le projet, étape par étape. Mais il peut également être judicieux de faire un test de quelques jours, voire de quelques semaines, auprès de professionnels qui exercent le métier ciblé. Cela peut par exemple prendre la forme d’un stage ou de discussions avec des personnes qui exercent cet emploi et qui en connaissent les pour et les contre.

Il est aussi possible de se faire accompagner au cours de diverses étapes de la reconversion, en faisant appel à un conseiller du CEP ou à un coach spécialisé dans le domaine de la reconversion pro.

Peut-on bénéficier d’une aide à la reconversion de la part de son employeur ?

À première vue, l’employeur n’a pas forcément intérêt à accompagner ses salariés vers la sortie. Pourtant, dans le cadre du Projet de Transition Professionnelle (ex-CIF), les salariés peuvent bénéficier d’une formation tout en conservant une rémunération et les droits énoncés dans le contrat de travail (sous conditions bien sûr).

L’employeur est alors dans l’obligation d’accepter la requête d’un salarié qui souhaite changer de métier, dès lors qu’il justifie d’une ancienneté suffisante et qu’il fait part de sa demande par écrit dans le délai imparti (60 ou 120 jours avant le début de la formation selon les cas).

Comment entamer une reconversion lorsque l’on est en recherche d’emploi ?

Dans certains cas, le diplôme, le domaine d’activité ou la formation d’un individu n’est pas en adéquation avec le marché de l’emploi. S’ensuit alors une période plus ou moins longue de chômage, qui peut être l’occasion de se reconvertir. Accompagné d’un agent de Pole Emploi ou d’un spécialiste de la reconversion professionnelle, il est ainsi possible de bénéficier de plusieurs aides :

  • une Aide au Retour à l’Emploi Formation en suivant une formation Pole Emploi d’une durée minimale de 40 heures (qui prend la forme de la Rémunération des Formations de Pôle Emploi pour ceux qui n’ont plus droit à l’ARE) ;
  • une formation appelée AFPR, destinée à mettre en adéquation les compétences de l’individu avec celles requises pour le poste proposé par Pole Emploi ;
  • l’utilisation du CPF pour financer une formation éligible ;
  • le chèque formation, attribué par le Conseil Régional pour permettre aux demandeurs d’emploi de valider un diplôme ou un titre professionnel.

À cela s’ajoutent de nombreuses aides plus spécifiques, par exemple pour les demandeurs d’emploi en reconversion qui arrivent en fin de droit, ceux qui visent des métiers qui font face à une pénurie de candidats, etc.

Faut-il faire un bilan de compétences pour se reconvertir ?

Le bilan de compétences n’est pas un prérequis pour changer de métier, mais il peut être une aide précieuse pour réaliser la transition. Il permet de faire objectivement le point sur les compétences professionnelles, l’expérience, les motivations, les qualités personnelles, les opportunités, etc. Il s’agit donc d’une étape de réflexion importante, qui peut guider celui qui désire se reconvertir, en le confortant dans son choix, ou au contraire, en lui faisant prendre conscience des difficultés auxquelles il risque de se confronter.

Il serait dommage de passer à côté de cet entretien, d’autant qu’il peut être financé par le CPF et être réalisé au choix durant le temps de travail ou sur le temps libre.

Illustration d’un processus de reconversion professionnelle

Pour comprendre concrètement comment peut se dérouler la transition vers une nouvelle profession, prenons l’exemple de Marc. Il travaille depuis 6 ans dans la même entreprise, en tant que Community manager. Mais lassé de son travail dans le digital et en tant que passionné du secteur automobile, il a pour projet d’ouvrir une concession de vente de véhicules.

Après un entretien pour établir un bilan de compétences et avoir étudié le marché dans sa région, il a décidé de passer le cap et de se lancer en tant qu’indépendant. Sur les conseils d’un professionnel de la reconversion, il a donc décidé de suivre une double formation d’un an, en mécanique et en gestion d’entreprises, de sorte à disposer des connaissances techniques nécessaires, mais aussi des capacités requises pour manager du personnel, connaître les formalités administratives, etc.

Avant cela, il a envoyé un courrier d’information à son employeur, 5 mois avant le début de la formation. L’employeur ayant rapidement accepté son absence pendant la durée de la formation, Marc a ensuite engagé les démarches pour obtenir les fonds nécessaires. À l’aide de son CPF et d’une aide accordée par le Fongecif, il a pu entièrement financer les cours en présentiel et en ligne.

À la fin de sa formation, Marc a repris pendant quelques mois son ancien poste, le temps d’obtenir les financements pour monter son entreprise et de réaliser les démarches administratives. 2 ans après avoir concrètement mis en place son projet, il est ainsi à la tête de sa propre concession.

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